Grèce : le scandale Predator rebondit avec de nouvelles révélations

Le scandale des écoutes rebondit, avec de nouvelles révélations concernant l’ancien eurodéputé Stelios Kouloglou (Syriza), tandis que l’ancien Premier ministre Antonis Samaras a saisi la Cour suprême .

Cet article est en accès libre.

Pour soutenir le Courrier des Balkans, je m’abonne

 ⋅ 

2 min de lecture
Grèce : le scandale Predator rebondit avec de nouvelles révélations

L’affaire remonte à 2022, quand le journaliste d’investigation Thanasis Koukakis puis le président du Parti socialiste (PASOK), Nikos Androulakis, découvrent que leurs téléphones ont été ciblés par le logiciel espion Predator qui permet d’infiltrer des téléphones portables et d’accéder aux messages, aux photos et même d’activer le micro et la caméra à distance. Les révélations mettent au jour un vaste système de surveillance touchant des centaines de journalistes, responsables politiques, hauts fonctionnaires, militaires et entrepreneurs. Si le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis reconnaît des écoutes légales menées par les services de renseignement (EYP), il nie avoir utilisé le logiciel espion Predator, développé par le groupe israélien Intellexa. Malgré plusieurs enquêtes parlementaires et européennes, les responsabilités politiques restent, à ce jour, largement non établies.

L’affaire, qui est une épine dans le pied de l’exécutif à quelques mois des prochaines élections législatives, continue d’agiter la scène politique. Il y a quelques jours, de nouvelles révélations concernaient Stelios Kouloglou, journaliste et ancien député européen. Une expertise du Citizen Lab de l’Université de Toronto affirme que son iPhone a été infecté à trois reprises par le logiciel Pegasus entre octobre 2022 et mars 2023, alors qu’il siégeait à la commission PEGA du Parlement européen, chargée précisément d’enquêter sur l’utilisation des logiciels espions dans l’Union européenne. Les chercheurs soulignent toutefois qu’ils ne disposent d’aucun élément permettant d’attribuer ces attaques au gouvernement grec, mais cette affaire soulève de sérieuses questions sur une possible surveillance d’un membre de la commission d’enquête européenne. 

Parallèlement, l’ancien Premier ministre conservateur Antonis Samaras, dont le nom figurait parmi les personnalités susceptibles d’avoir été ciblées dans le scandale Predator selon la presse grecque, a saisi la Cour suprême afin de demander un approfondissement de l’enquête sur les conditions de sa surveillance. Cette démarche, inhabituelle pour une figure majeure de la Nouvelle Démocratie, accentue la pression sur les autorités judiciaires et pourrait contribuer à relancer un dossier qui semblait dans l’impasse.

Ces développements interviennent quelques mois après les premières condamnations pénales visant quatres responsables grecs et israéliens de la société Intellexa, mais aucun dirigeant politique n’était sur le banc des accusés. En février, la cour pénale d’Athènes avait demandé au parquet  d’ouvrir une nouvelle enquête pour espionnage.

Thématiques :
espionnageGrèceMédiasPredator
Imprimer
À la une du Courrier des Balkans Voir la une