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À quelques kilomètres du monastère de Mileševa, haut lieu de la mémoire nationale serbe, le paysage se fissure. Entre les pneus abandonnés qui souillent la rivière Lim, un chantier titanesque laissé en suspens, des tunnels qui ne mènent nulle part, un graffiti à la gloire de Vojislav Šešelj et, au détour d’une gorge, le chant inattendu du muezzin, cette journée dans le Sandžak compose un étrange condensé des Balkans. Un territoire où spiritualité, histoire, abandon et coexistence s’entrelacent sans jamais dissiper leurs contradictions.