Entre Bosnie-Herzégovine, Croatie et Monténégro, la coopération transfrontalière en matière de gestion de l’eau ne relève pas d’un choix, mais d’une nécessité imposée par la géographie physique du territoire. Cette collaboration — concrétisée par d’imposants projets d’infrastructure datant de l’époque yougoslave — a été interrompue par les conflits des années 1990. Toutefois, le nouveau millénaire a vu se multiplier les initiatives visant à consolider la gestion commune de ressources hydriques chevauchant — ou traversant en sous-sol — des frontières qui, de limites internes entre républiques, sont devenues des frontières internationales.
Certaines de ces initiatives s’inscrivent directement dans le prolongement du passé, à l’instar du très critiqué mégaprojet Gornji Horizonti (« Horizons supérieurs »). En réalité, les grands aménagements prévus dans le cours supérieur de la rivière Trebišnjica — dont les travaux ont débuté en 2023 — sont actuellement au point mort, ce qui satisfait les opposants au projet, qui dénoncent son manque de transparence et, surtout, ses lourdes conséquences environnementales.
En revanche, les initiatives soutenues par l’UE au cours des deux dernières décennies ont adopté une approche radicalement différente. Par le biais de l’Instrument d’aide de préadhésion (IAP) et du programme Interreg — un pilier de la politique de cohésion de l’UE axé sur la coopération interrégionale — Bruxelles a financé des dizaines de projets visant à conjuguer développement socio-économique local et préservation de la biodiversité.
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