À la mi-octobre l’an dernier, en pleine saison des champignons sauvages, l’entrepôt d’Adnan Husić, dans le village de Vesela, près de Bugojno, était presque vide. L’exportation des fleurs de rosier des haies (rosa canina selvatica) était la dernière étape avant la fermeture de la saison. Adnan cueille des herbes et des champignons sauvages depuis sa plus tendre enfance. Pendant des années, il a récolté des baies qu’il vendait à de grandes entreprises. L’année dernière, il s’est mis à son compte avec l’aide d’un ami croate.
Aujourd’hui, l’entreprise d’Adnan, Herbarium HP, dispose d’une usine capable de sécher six tonnes d’herbes et de champignons par jour. Elle exporte la quasi-totalité de sa production vers la Croatie voisine. Adnan collabore avec une quarantaine de cueilleurs locaux, qu’il emploie régulièrement sous contrat. Il me montre tous les documents, notamment le certificat de production biologique et une convention conclue avec l’organisme forestier du canton de Bosnie centrale.
« Je crois que mon entreprise est la seule dans ce canton à payer toutes ses taxes à l’administration forestière. Je ne sais pas comment font les autres, mais je tiens à être en règle. Je paie trois cents marks par mois (environ 153 euros), TVA comprise, plus vingt fenings (dix centimes) par kilogramme », assure-t-il.
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