Ilda Hila a grandi entre Albanie et Italie, avec cette image familière toujours sous les yeux : les valises que rapportaient ses proches, remplies de bouteilles de vin, d’huile d’olive, de confitures et de produits introuvables outre-Adriatique. Ce rituel, pourtant joyeux, cachait une réalité plus profonde : malgré la richesse des traditions culinaires et artisanales albanaises, ces trésors restaient largement inconnus au-delà des frontières. Forte de son parcours en développement commercial, finance et gestion internationale, Ilda a rapidement compris que le véritable défi dépassait la simple accessibilité des produits. Le monde n’avait tout simplement pas encore découvert l’Albanie moderne.
Avec une grande sensibilité, elle évoque ce que représentaient vraiment, pour elle, ces valises, qui transportaient bien plus que des marchandises. Elle se souvient des bouteilles enveloppées avec soin dans du papier journal, des bocaux préparés par les grands-parents, du thé de montagne cueilli à la main et de petits cadeaux qui paraissaient anodins à l’époque.
Aujourd’hui, elle réalise que ces voyages ne consistaient pas à déplacer de la nourriture d’un pays à l’autre, mais à apporter des souvenirs, un véritable morceau de chez-soi en exil. Pour de nombreux Albanais vivant à l’étranger, ces produits portaient une charge émotionnelle puissante : un simple goût familier suffisait à raviver les rassemblements familiaux, les vacances d’été et les moments chaleureux autour de la sofra (table). Ce qui l’a le plus touchée, c’est de comprendre qu’une bouteille d’huile d’olive ou un verre de vin pouvait incarner autant d’amour, de nostalgie et de fierté.
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