Le 27 août 2026, Ratko Mladić, surnommé « le boucher des Balkans », est mort à La Haye, où il purgeait une peine de perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Trente ans après le génocide de Srebrenica, sa disparition, plutôt que de clôre un douloureux chapitre pour la population bosnienne, semble avoir ravivé les plaies. Pour de nombreux survivants et leurs descendants, en Bosnie-Herzégovine comme parmi la diaspora, la mort du génocidaire a ravivé les souvenirs, la douleur, mais aussi, des incertitudes sur l’avenir du pays.
Le choc de l’annonce dans la tête et les corps
Azemina, 55 ans, a perdu son père à Srebrenica en 1995, à 54 ans, l’âge exact qu’elle avait l’année passée, lors des commémorations des 30 ans du génocide. Elle nous parle, avec pudeur, de ses émotions qu’elle tente de rationaliser. Elle évoque son père, le moment où celui-ci se rend aux forces serbes sur la route de Srebrenica, vêtu d’un t-shirt blanc en guise de drapeau de reddition, l’un des derniers souvenirs qu’elle garde de lui avant son exécution, parmi les quelques 1 200 prisonniers rassemblés à Nova Kasaba. Elle évoque aussi sa famille mixte, avec sa sœur mariée à un Serbe combattant dans le camp d’en face, ce maillage familial typiquement yougoslave qui allait voler en éclats avec la guerre. Azemina raconte sa dernière visite à son père avant son exécution, la visite de ses petits-enfants et de ce beau-fils qui n’a rien pu faire.
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