25 octobre – 22h33 : Selon les estimations de CeSID et d’Ipsos, fondées sur un échantillon et encore provisoires, la liste étudiante « Les étudiants l’emportent » obtiendrait 140 sièges au Parlement, contre 104 pour la coalition « Serbie unie » soutenant Aleksandar Vučić. Les listes représentant les minorités nationales remporteraient les six sièges restants.
Ces projections ne sont pas définitives et restent à confirmer par les résultats officiels.
21h35 : Les bureaux de vote ont fermé à 20 heures, au terme des élections législatives anticipées en Serbie. Aleksandar Vučić, tête de liste de la coalition « Serbie unie », a reconnu sa défaite.
Les résultats officiels restent attendus.
21h20 : Des habitants se sont rassemblés dimanche soir au carrefour des rues Kralja Milana et Kneza Miloša, près du siège de la Commission électorale républicaine (RIK), pour célébrer ce qu’ils considèrent déjà comme une victoire de la liste étudiante « Les étudiants l’emportent ». Les automobilistes klaxonnent en signe de soutien. Les manifestants chantent « Vučić va t’en ! » et scandent « Pumpaj ! », le slogan du mouvement étudiant. L’ambiance est à l’euphorie, même si certains participants redoutent une réaction des autorités.
La soirée est également marquée par plusieurs incidents. À Sremski Karlovci, en Voïvodine, une trentaine d’individus auraient violemment frappé un homme. La victime aurait été transportée aux urgences, d’après des informations non confirmées. Des équipes mobiles appellent les habitants à se rassembler dans le centre-ville, craignant de nouveaux incidents lors du transport du matériel électoral.
À Belgrade, Galeb Nikačević, journaliste, a été frappé alors qu’il filmait la situation devant le parc des Pionniers, près de la présidence serbe. Une clôture métallique interdit le passage aux citoyens, tandis que des hommes vêtus de noir sont autorisés à franchir le dispositif policier. Le parc et une partie des abords de l’Assemblée municipale sont par ailleurs plongés dans l’obscurité, tandis que des policiers en équipement antiémeute restent sur place.
19h40 : Le ćacilend, le fameux camp des ćaci, ces partisans du régime, dressé dans le Parc des Pionniers, est en train de se remplir. Des colonnes de gens, souvent masquées, pénètrent dans le parc, gardé par des policiers.
Les étudiants appellent les citoyens de Belgrade à ne pas se rassembler là où se trouvent des policiers ou des individus en civil.
La participation atteignait 67,8% à 19h.

25 octobre – 18h30 : A 18h, la participation s’élevait à 64,9% des inscrits. La présence policière se renforce autour de la présidence de la République et du Parc des pionniers, le fameux ćacilend. Selon certaines informations, le SNS entendrait essayer de mobiliser les citoyens en sa faveur à partir de 19h.
25 octobre – 18h05 : Comme le rapporte KoSSev, une file de véhicules d’au moins cinq kilomètres s’est formée ce matin sur la route menant à Jarinje — un axe emprunté par des habitants du nord du Kosovo pour se rendre dans les bureaux de vote de Raška, où ils participent aux élections législatives anticipées en Serbie. De nombreuses personnes abandonnent leur véhicule au bord de la route pour poursuivre leur trajet à pied, tandis que des groupes circulent dans les deux sens.
« Certains se plaignent de la fatigue, d’une mauvaise organisation et d’embouteillages massifs. La police du Kosovo affirme que ses agents ne sont pas à l’origine de ces retards ; pourtant, une équipe de KoSSev, présente près de la base de la police spéciale — à environ un kilomètre du point de passage —, a observé des agents arrêter des véhicules et ne les laisser passer que par intermittence. Parallèlement, des bus transportant des électeurs dans le cadre d’une organisation spécifique ont été extraits de la file d’attente et orientés vers un itinéraire de contournement », écrit KoSSev.
25 octobre – 17h25 : La participation atteignait 60,9% des inscrits à 17h, contre 47,2% en 2023. La participation était de 61,43% à 16h à Niš, de 57,53% à Leskovac, 54,75% à Vranje et de 66,14% à Pirot.
25 octobre – 17h : A 16h, la participation atteignait 56,4% des inscrits, contre 42,36% en 2023, selon le CRTA. Cette organisation, qui monitore le scrutin dans 500 bureaux test, déplore par contre de nombreuses irrégularités.
« Nous avons relevé des pressions exercées sur les électeurs dans un tiers des bureaux de vote ; des irrégularités procédurales ont été constatées dans 18 % d’entre eux ; et des irrégularités portant atteinte à l’intégrité du processus électoral ont été observées dans 17 % des bureaux de vote. Les plus fréquentes sont les suivantes : prise en photo des bulletins de vote (dans près de 40 % des bureaux de vote), non-recours à la lampe UV pourtant obligatoire (dans 21 % des bureaux de vote) et vote sans pièce d’identité valide (dans 6 % des bureaux de vote) », a énuméré Raša Nedeljkov. Il a précisé que plusieurs incidents isolés avaient été enregistrés dans divers quartiers de Belgrade, ainsi qu’à Vranje, Lazarevac et Novi Sad.
25 octobre – 16h : Plusieurs véhicules de la gendarmerie serbe conçus pour disperser les manifestations et repousser les foules ont été aperçus dimanche dans le centre de Belgrade, rapporte N1.
Filmés au carrefour des rues Kneza Miloša et Kralja Milana, près de London, ils se dirigeaient vers Terazije, après avoir franchi un barrage policier qui bloquait la circulation rue Kneza Miloša.
Une vingtaine de véhicules auraient également été aperçus plus tôt sur l’autoroute Belgrade–Niš, en direction de la capitale, selon des témoignages de lecteurs.
Des véhicules similaires avaient été utilisés à Novi Sad lors des manifestations de l’été 2025, pour repousser les manifestants des boulevards et des grandes artères.
14h55 : Selon les estimations d’Ipsos et du CeSID, 46,4 % des électeurs serbes avaient voté à 14 heures ce dimanche 25 octobre, contre 32,38 % à la même heure lors des législatives de décembre 2023. La participation progresse ainsi de 14,02 points.
13h40 : Selon les données de la CRTA, 41,1 % des électeurs avaient voté à 13 heures ce dimanche 25 octobre, contre 26,6 % à la même heure lors des législatives de décembre 2023. La participation est en hausse de 14,5 points par rapport au précédent scrutin.
L’organisation indépendante a également signalé plusieurs irrégularités. Des bulletins ont été photographiés dans 25 % des bureaux de vote du pays et dans plus de la moitié de ceux de Belgrade. Dans 9 % des bureaux observés, plusieurs irrégularités pourraient révéler des tentatives de contrôle du vote. À Veternik, la CRTA a porté plainte pour des soupçons d’achat de voix et de « carrousel électoral ».
De longues files d’attente ont été signalées dans plusieurs localités, tandis que des incidents ont perturbé le scrutin. À Belgrade, le vote au Cinquième lycée a été interrompu à deux reprises, notamment après qu’une électrice n’a présenté aucune trace de spray électoral sur le doigt lors d’un contrôle sous lampe UV. À Ćuprija, la découverte présumée d’une seconde liste électorale dans un local situé en face d’un bureau de vote a entraîné l’intervention de la police. À Pančevo, des incidents ont éclaté au bureau de vote situé devant le lycée agricole.
À Oslo, une alarme incendie a provoqué l’évacuation des électeurs de l’ambassade de Serbie. La police a confirmé qu’il n’y avait pas d’incendie. Les circonstances du déclenchement de l’alarme et la date de reprise du vote restent toutefois inconnues.
Enfin, la mission d’observation de l’OSCE a relevé que toutes les recommandations du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) n’avaient pas été mises en œuvre, notamment celles concernant la sécurité des journalistes et l’utilisation des ressources publiques. Ses premières conclusions seront publiées lundi 26 octobre.
13h30 : Dans tous les 93 bureaux de vote établis à l’étranger, des queues jamais vues se sont formées, comme devant le Centre culturel serbe de Paris, à Madrid ou à Vienne. À Stuttgart, les citoyens se disent prêts à attendre plusieurs heures pour accomplir leur devoir électoral.
En Bosnie-Herzégovine, où 20 000 électeurs peuvent voter dans 28 bureaux, des queues imposantes se sont aussi formées dès le début de la matinée devant l’ambassade de Serbie à Sarajevo ou le consulat à Banja Luka. Il en va de même à Zagreb ou à Ljubljana.
Les mêmes longues files se sont également formées à Chicago, où l’on vote de 1h à 14h, heure locale, à New York, Washington et Los Angeles, où plusieurs centaines de personnes patientaient à 23h, heure locale.
25 octobre – 13h20 : 34,55% des électeurs inscrits avaient voté à 12h, contre 21, 33% en 2023 à la même heure. La participation était particulièrement forte en Voïvodine (38% des inscrits) et à Belgrade (35,23%),
25 octobre – 11h50 : Selon le CeSid, la participation atteignait 27,3% des inscrits à 11h, contre 15,1% à la même heure en 2023.
25 octobre – 10h39 : La participation est nettement supérieure à celle des précédents scrutins dès l’ouverture des bureaux de vote, dimanche matin.
Selon l’organisation indépendante CRTA, 19,8 % des électeurs avaient voté à 10 heures, avec une marge d’erreur de ± 0,6 point, contre 9,8 % à la même heure en 2023.
10h10 : Selon les estimations du CeSID et d’Ipsos, la participation s’élevait à 12 % à 9 heures, contre 5,2 % à la même heure en 2023 et 5,1 % en 2022. Cela représente une hausse de 6,8 points par rapport au précédent scrutin législatif.
Ces chiffres interviennent alors que de longues files d’attente sont signalées devant plusieurs bureaux de vote
9h55 : Plusieurs incidents ont été signalés dimanche matin en Serbie, quelques heures après l’ouverture des bureaux de vote pour les élections législatives anticipées.
À Kragujevac, un membre de l’équipe mobile de la Liste étudiante aurait été agressé physiquement alors qu’il tentait d’empêcher une fraude électorale. Selon sa fille, interrogée par Vreme, il aurait surpris des personnes en train d’acheter des voix et commencé à filmer la scène. Une dizaine d’individus l’auraient alors poursuivi et frappé, notamment à la tête. Il a été pris en charge par les secours.
À Doljevac, une trentaine de personnes auraient fait irruption dans le bureau de vote n° 27, agressant les personnes présentes et perturbant le scrutin, selon l’avocate et militante politique Dragana Milutinović, citée par N1. Elle affirme que les policiers présents à l’extérieur n’ont pas réagi. Des agressions contre des membres de commissions électorales auraient également été signalées dans deux autres bureaux.
À Novi Sad, des étudiants ont alerté la police après avoir repéré des mouvements suspects autour d’un local fermé, près du bureau de vote n° 173. Ils soupçonnent une possible opération d’achat de voix.
D’autres irrégularités ont été signalées. À Čukarica, dans la banlieue de Belgrade, le vote dans un bureau a été retardé après la découverte d’un spray électoral dont les traces pouvaient être effacées à l’acétone. Le scrutin n’a commencé qu’après l’achat et le test d’un nouveau spray. À Kragujevac, la police s’est également rendue dans une école accueillant quatre bureaux de vote.
Le président serbe Aleksandar Vučić a voté dans la matinée à Belgrade, accompagné de son épouse. Le candidat de la Liste étudiante, Ilija Srdanović, avait lui aussi voté plus tôt, à Novi Sad.
8h30 : De longues files d’attente se sont formées dès les premières heures de la matinée devant les bureaux de vote en Serbie, notamment à Belgrade, Novi Sad, Niš et Požarevac. À Bežanijska kosa, dans la capitale, la file dépassait un kilomètre. Des électeurs étaient également nombreux à attendre à Ljubljana, en Slovénie.

Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures et fermeront à 20 heures. Quelque 6,45 millions d’électeurs sont appelés à choisir leurs députés parmi 18 listes et 2 418 candidats, dans le cadre de ces élections législatives anticipées.
À Požarevac, le scrutin a été brièvement suspendu dans le bureau n° 39 après qu’un électeur a été surpris en train de photographier son bulletin. La police a été alertée. « C’est un délit », a rappelé une membre du bureau de vote, citée par Vreme.

À Novi Sad, Ilija Srdanović, tête de liste de la « Liste étudiante – Les étudiants l’emportent », a voté dès le début de la matinée. Il a annoncé que son mouvement donnerait des indications aux citoyens sur la conduite à tenir après la publication des résultats préliminaires, dimanche soir.
Les électeurs serbes de la diaspora peuvent voter dans 93 bureaux répartis dans 37 pays. Au total, 102 147 personnes se sont inscrites pour voter à l’étranger.
24 octobre – 20h55 : À la veille des élections législatives du 25 octobre, le Tribunal supérieur de Belgrade a annoncé une adaptation de son organisation pour traiter d’éventuelles affaires urgentes liées à des interpellations et à des placements en rétention de personnes soupçonnées.
À compter du samedi 24 octobre à 7 h 30, le greffe du tribunal réceptionnera toutes les affaires et requêtes relevant du service de l’instruction, y compris en dehors des heures habituelles d’ouverture, afin de garantir le traitement des dossiers urgents.
Le tribunal rappelle également les droits des personnes soupçonnées : toute décision de placement en rétention peut faire l’objet d’un recours de la part de la personne concernée ou de son avocat dans un délai de six heures suivant sa notification. Le juge de l’instruction doit statuer dans les quatre heures suivant la réception du recours.
Cette mesure intervient dans un contexte de fortes tensions politiques à la veille du scrutin. Elle semble anticiper d’éventuelles interpellations dans le cadre des élections, sans que le tribunal précise les faits ou les personnes qui pourraient être concernés.
12h52 : Entré en vigueur le 22 octobre à minuit, le silence électoral se poursuit jusqu’à la fermeture des bureaux de vote dimanche 25 octobre. La loi interdit notamment de présenter les candidats et leurs programmes électoraux durant cette période.
Mais les tabloïds proches du pouvoir en profitent pour attaquer les médias critiques envers les autorités. « Scandale des médias des oligarques ! Pendant dix ans, ils ont déshumanisé Vučić de manière brutale », titre Informer, qui accuse N1, Nova S et le média allemand Deutsche Welle de s’en prendre au président serbe alors qu’il ne peut pas leur répondre.
« Ils le frappent alors qu’il a les mains liées », affirme encore Informer. Večernje novosti dénonce pour sa part « l’attaque la plus inhumaine contre un homme dans l’histoire de la Serbie », tandis que Politika titre : « Ils s’en prennent à Vučić alors qu’il ne peut pas leur répondre ».
Le régulateur des médias électroniques (REM) a toutefois annoncé avoir relevé, le 23 octobre, des contenus contraires aux obligations du silence électoral dans des émissions de N1 et Nova S. Il a indiqué avoir alerté les rédactions concernées et poursuivre sa surveillance. Cette notification ne constitue pas, à elle seule, l’annonce d’une sanction.
Ce dispositif, censé permettre aux électeurs de choisir sans la pression immédiate de la campagne, fait l’objet de critiques récurrentes à l’ère des réseaux sociaux, où les messages politiques continuent de circuler.
10h20 : Le site d’investigation serbe KRIK a obtenu une série d’enregistrements réalisés par des citoyens serbes résidant à Vienne, révélant la manipulation du processus d’inscription sur les listes électorales dans cette ville, qui abrite l’une des plus importantes communautés de la diaspora serbe.
Une association de Serbes d’Autriche, proche du Parti progressiste serbe (SNS), inscrit des citoyens en vue des prochaines élections législatives, une pratique illégale. Agissant de facto comme une extension de l’ambassade, l’association utilise ce processus pour solliciter des votes en faveur d’Aleksandar Vučić, en offrant des cadeaux et du matériel de campagne du SNS.
Une célèbre boulangerie serbe locale les aide dans leurs démarches. Parallèlement, l’ambassade de Serbie a rendu l’inscription sur les listes électorales difficile pour certains membres de la diaspora, voire a rejeté leurs demandes, les contraignant ainsi à se tourner vers cette association.
Des témoignages font aussi état en Suisse de nombreuses obstructions à l’exercice du droit. Alors que les bureaux ont été fermés en Suisse romande et le Tessin, le consulat de Genève a également fermé ses portes et de nombreuses demandes d’inscriptions sur les listes électorales sont rejetées.
23 octobre – 12h : 150 000 personnes dans la rue à Belgrade, jeudi 22 octobre, pour le meeting final de la Liste étudiante. Des sondages qui donnent les étudiants en tête. Dimanche, les urnes pourraient réserver un séisme politique au régime.
22 octobre – 23h40 : Selon l’estimation d’Arhiv javnih skupova (Archives des rassemblements publics), quelque 150 000 personnes ont participé au meeting de la « Liste étudiante – Les étudiants l’emportent », organisé sur la place Slavija, à Belgrade, à trois jours des élections législatives du 25 octobre.
Cette estimation repose sur le calcul de la superficie occupée par la foule et de sa densité moyenne, à partir d’images filmées à 19 heures.
21h50 : « Cela ressemble au 15 mars et cela a l’odeur de la liberté », résument les médias indépendants serbes. Dès 18h, la place Slavija, dans le centre de Belgrade, était submergée par une foule presque aussi dense que le 15 mars 2025, qui s’étendait dans toutes les avenues adjacentes. On parle de 200 000 personnes. Six cortèges partis de différents avaient traversé la capitale serbe pour converger vers la place, partant de Novi Beograd, Zemun et Čukarica, puis un peu plus tard de Studentski Trg, du boulevard du Roi Alexandre et d’Autokomanda.
« La Serbie ou la mafia ; la liberté ou l’esclavage ; l’épanouissement ou le déclin » : les candidats ont présenté le scrutin comme un choix entre deux visions du pays. Ils ont notamment promis une justice et un parquet indépendants, ainsi qu’un accès égal de tous à l’éducation et aux soins de santé.
À la fin du meeting, les candidats sont descendus de scène pour rejoindre la foule. Brandissant la Constitution serbe, ils ont dansé le kolo, une ronde traditionnelle, sur l’air de Marš na Drinu. Les participants ont scandé « Pumpaj » (« Fais monter la pression »), « Pobeda » (« Victoire ») et « Gotov je » (« C’est fini pour lui »), en référence à Aleksandar Vučić.
À 16h, le SNS avait tenu un meeting dans le Palais des Sports Ranko Žeravic, à Novi Beograd, qui n’a pas duré plus d’une demi-heure. Après le chant de l’hymne national, Aleksandar Vučić a lui-même interprété la chanson Ruzmarin.
22 octobre – 11h10 : Les candidats aux élections législatives anticipées du 25 octobre en Serbie ont dépensé plus de 8,5 millions d’euros pendant la campagne, hors listes des minorités nationales, selon une analyse de Radio Slobodna Evropa (RSE) fondée sur les rapports financiers préliminaires déposés auprès de l’Agence de prévention de la corruption.
Le Parti progressiste serbe (SNS), dirigé par l’ancien président Aleksandar Vučić, arrive largement en tête avec environ 4 millions d’euros de dépenses, en incluant les avances versées. Le parti n’a déclaré aucun don de particuliers ou d’entreprises : sa campagne a été financée presque entièrement sur ses fonds propres, auxquels s’ajoutent près de 300 000 euros de financement public.
La liste étudiante Studenti pobeđuju (« Les étudiants l’emportent »), principal adversaire du pouvoir, a déclaré environ 2 millions d’euros de dépenses, soit deux fois moins que le SNS. Sa campagne a été financée à 98 % par des dons de citoyens : 26 408 personnes ont versé au total 1,97 million d’euros. Cinq entreprises ont également contribué à hauteur de 4 800 euros.
La campagne socialiste, menée par Ivica Dačić, a coûté plus de 1,7 million d’euros, en incluant les publicités télévisées restant à payer. La coalition a notamment déclaré un million d’euros de dépenses publicitaires à la télévision, dont près de 750 000 euros pour la chaîne privée Pink.
Les dépenses définitives ne seront connues qu’après la remise des rapports financiers finaux, dans les 30 jours suivant la publication des résultats. La loi plafonne à six millions d’euros les dépenses de campagne de chaque liste. Selon RSE, les élections ont déjà coûté au moins 16,5 millions d’euros aux contribuables serbes, en incluant les dépenses publiques liées au scrutin.
21 octobre – 22h55 : La première colonne d’étudiants et de citoyens mobilisés pour soutenir la « Liste étudiante – Les étudiants l’emportent » est arrivée mercredi soir devant le rectorat de l’Université de Belgrade, où un accueil triomphal lui a été réservé.
Partis de Šabac, Valjevo et Gornji Milanovac, dans l’ouest du pays, les marcheurs ont parcouru entre 80 et 130 kilomètres pour rejoindre la capitale. D’autres colonnes, venues du nord et de l’est de la Serbie, sont également attendues à Belgrade.
La colonne partie mardi de Novi Sad a repris sa marche après une pause à Zemun. Tous doivent se retrouver jeudi 22 octobre pour le meeting final de campagne de la liste étudiante, prévu à 18 heures sur la place Slavija.
17h30 : Cinq personnes ont été arrêtées à Novi Sad, soupçonnées d’avoir préparé des violences à Belgrade le jour des élections législatives, le 25 octobre, a annoncé le parquet supérieur de Belgrade.
Selon le parquet, les suspects, âgés de 27 à 28 ans, auraient recruté des personnes pour participer à des affrontements physiques et attaquer des opposants ainsi que des policiers. Le groupe aurait prévu de se rendre dans la capitale avec des équipes mobiles afin de provoquer des troubles et de renverser les plus hautes institutions de l’État.
Les enquêteurs affirment que les suspects auraient notamment prévu de se procurer des cagoules, des bâtons, des fusées éclairantes, des couteaux et des armes. Selon le parquet, le principal suspect aurait eu l’intention de commander une quarantaine de personnes, avec la possibilité de mobiliser au total entre 80 et 90 individus.
Les arrestations ont été menées par la police sur ordre du parquet, en coordination avec le parquet supérieur de Novi Sad et l’Agence de sécurité et d’information (BIA). Les médias proches du pouvoir avaient diffusé des informations et des images des interpellations plusieurs heures avant la communication officielle des autorités.
Le parquet supérieur de Belgrade a par ailleurs confirmé l’arrestation de Srđan Ilić, 29 ans, membre de l’association Beograd ostaje (« Belgrade reste »). Il est soupçonné d’avoir planifié des actions violentes en vue des élections législatives du 25 octobre et formé plusieurs équipes mobiles destinées à participer à des affrontements physiques. Il est poursuivi pour préparation d’actes portant atteinte à l’ordre constitutionnel et à la sécurité de la Serbie. Sa garde à vue peut durer jusqu’à 48 heures.
16h50 : Plusieurs médias indépendants et organisations de la société civile serbes ont été visés, le 20 octobre, par une nouvelle vague d’abonnements massifs de comptes suspects sur Instagram. Il s’agit de la deuxième attaque de ce type depuis le début de la campagne électorale.
En une demi-heure, plus de 200 comptes suspects se sont abonnés au profil de l’hebdomadaire Vreme. L’agence de presse Beta en a reçu environ 300 en quelques minutes. Les médias 021, Razglas News, Glas Šumadije, Autonomija, Kompas et Mašina, ainsi que l’organisation de surveillance électorale CRTA, ont également signalé des attaques similaires.
Selon la fondation SHARE, plus de 30 comptes avaient déjà été ciblés lors d’une première vague, lancée le 26 septembre. Le compte de Mašina avait alors été suivi par environ 10 000 profils suspects. D’autres médias, des journalistes, des militants et des comptes liés au mouvement étudiant ont également été visés. L’association indépendante des journalistes de Serbie (NUNS) avait alerté sur les risques de ces attaques pour le droit du public à être informé.
Ces opérations peuvent entraîner des restrictions ou le blocage temporaire des comptes concernés, notamment en raison de signalements massifs ou d’une croissance anormale du nombre d’abonnés. Le portail 021.rs a également subi une attaque sur Facebook, où il a gagné 57 000 abonnés en quelques jours, tandis que 22 000 autres disparaissaient simultanément.
Plusieurs médias ont signalé les faits à Meta, propriétaire d’Instagram et de Facebook. L’identité des auteurs de ces opérations reste inconnue. À l’approche du scrutin, ces attaques menacent les moyens de communication de médias indépendants et d’organisations qui jouent un rôle important dans l’information des citoyens et le suivi du processus électoral.
9h50 : À quelques jours des élections législatives anticipées du 25 octobre, des sénateurs américains des deux partis ont appelé les autorités serbes à garantir des conditions équitables à tous les participants au scrutin. Ils dénoncent des « signes préoccupants », notamment des informations faisant état d’écoutes illégales visant l’opposition et de tentatives d’entrave aux missions d’observation électorale.
De son côté, l’organisation indépendante serbe CRTA a alerté début octobre sur une « augmentation préoccupante des violences pendant la campagne électorale », évoquant des incidents mettant en danger la sécurité des citoyens et leur droit à participer librement à la vie politique. Une délégation préélectorale de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a également signalé des propos hostiles visant l’opposition, la société civile et les journalistes, ainsi que des allégations de surveillance.
Les sénateurs américains, démocrates et républicains, rappellent que les élections législatives de 2022 avaient déjà été marquées par de graves atteintes à l’intégrité du processus électoral. Selon la CRTA et le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE (ODIHR), la campagne actuelle est notamment marquée par des cas d’intimidation d’électeurs, des abus de ressources administratives au profit du parti au pouvoir et des pressions policières sur des candidats de l’opposition.
Les problèmes liés aux listes électorales persistent également : plus de 500 000 électeurs sont inscrits sans adresse précise. Début septembre, une expertise indépendante a par ailleurs confirmé que des responsables politiques de l’opposition et des représentants du mouvement étudiant avaient été ciblés par des logiciels espions. Lundi, le recteur de l’Université de Belgrade, Vladan Đokić, a lui aussi annoncé la découverte d’un logiciel espion sur son téléphone.
6h50 : 146 membres des services de sécurité, dont d’anciens dirigeants du BIA, de la police et du VBA, appellent leurs collègues de la police et des services de sécurité à rester fidèles à la Constitution, à la loi et à leurs devoirs professionnels en cette période de crise politique.
« Notre obligation légale est de protéger les citoyens et de servir l’État, pas les partis politiques. Aucun intérêt politique, ordre d’un supérieur ou pression gouvernementale ne saurait justifier la violation de la loi. Chacun est personnellement responsable de ses actes, mais aussi de son inaction délibérée lorsqu’il est tenu de prévenir ou de sanctionner des actes illégaux. La fonction et les pouvoirs officiels ne sauraient excuser les abus, mais constituent une obligation d’agir dans l’intérêt public », stipule l’appel.
Parmi les signataires de l’appel figurent l’ancien directeur du BIA, Saša Vukadinović, l’ancien directeur de la police, Vladimir Rebić, l’ancien commandant du SAJ, Spasoje Vulević, l’ancien directeur du VBA, Momir Stojanović, l’ancien chef de la Direction de la sécurité de la JNA, Aleksandar Dimitrijević, l’ancien chef de la police de Belgrade, Milan Obradović, l’ancien chef du secteur du contrôle interne du MUP, Miloš Oparnica, ainsi que de nombreux policiers, inspecteurs et officiers en activité et à la retraite.
20 octobre – 19h30 : La liste étudiante devancerait de peu celle d’Aleksandar Vučić aux élections législatives du 25 octobre, selon un sondage de l’Institut de recherche sur l’opinion publique Nouvelle pensée politique serbe (NSPM), réalisé par téléphone du 25 septembre au 5 octobre auprès de 1 050 personnes.
Parmi les électeurs ayant exprimé une intention de vote et déclarant qu’ils se rendraient aux urnes, la liste étudiante recueillerait 44,5 % des suffrages, contre 42,7 % pour la liste « Aleksandar Vučić – Serbie unie ». Les autres listes resteraient largement distancées : celle d’Ivica Dačić obtiendrait 2,9 %, la coalition « Serbie européenne », emmenée par Marinika Tepić et Zdravko Ponoš, 2,7 %, et la liste de droite de Miloš Jovanović, 2,5 %. Toutes les autres formations totaliseraient 2 % des intentions de vote.
L’enquête fait également apparaître un rejet du pouvoir en place : 44,5 % des personnes interrogées estiment qu’Aleksandar Vučić n’a pas correctement exercé ses fonctions de président, contre 41,8 % d’avis contraires. Par ailleurs, 44 % considèrent qu’une victoire des étudiants ou de l’opposition serait la meilleure issue pour la Serbie, contre 22,5 % qui souhaitent le maintien du pouvoir actuel. Près de 20 % préféreraient que celui-ci reste en place, mais avec des changements.
Le mouvement étudiant bénéficie d’une image favorable auprès de 48,1 % des sondés, qui y voient l’expression d’un mécontentement général. À l’inverse, 26,8 % estiment qu’il s’agit d’une opération menée par des services de renseignement étrangers.
La NSPM indique par ailleurs que 79,8 % des sondés affirment vouloir certainement se rendre aux urnes. Ces intentions de vote restent toutefois à prendre avec prudence, alors que 18,3 % des personnes interrogées n’ont pas exprimé de préférence.
8h15 : Une colonne d’environ 1 000 personnes a quitté mardi matin le campus de l’université de Novi Sad pour rejoindre Belgrade, où la « Liste étudiante – Les étudiants l’emportent » tiendra son meeting de clôture de campagne le 22 octobre, sur la place Slavija. Ilija Srdanović, tête de liste, participe à la marche, accompagnée au départ par des tracteurs, des cyclistes et des motards. Les marcheurs prévoient de passer la nuit à Stara Pazova. À Sremski Karlovci, ils observeront seize minutes de silence en hommage aux seize victimes de l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad. D’autres colonnes étudiantes ont également pris la route depuis Zaječar, Valjevo, Gornji Milanovac, Ljig et Šabac.
19 octobre – 16h15 : Le recteur de l’Université de Belgrade, Vladan Đokić, a dénoncé une tentative d’intimidation après la confirmation par Citizen Lab et la fondation Share de la présence du logiciel espion Pegasus sur son téléphone.
« Il s’agit d’une nouvelle tentative d’intimidation visant à empêcher toute prise de position critique et toute action publique », a-t-il déclaré, réclamant une enquête indépendante, approfondie et transparente pour identifier les responsables.
Selon lui, cette surveillance menace non seulement sa vie privée, mais aussi la confidentialité des données et des communications de ses contacts. Il a appelé les autorités à poursuivre les responsables et exhorté la communauté universitaire, l’opinion publique et les organisations internationales à exiger que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
17 octobre – 14h : Neuf journalistes et rédacteurs de N1, ayant informé leur employeur de leur licenciement, ont publié une déclaration publique dans laquelle ils affirment être convaincus que, depuis la mise en place de la nouvelle direction, N1 évolue d’une manière inacceptable.
« Nous sommes convaincus que, depuis la mise en place de la nouvelle direction, menée par Brent Sadler, directeur exécutif des programmes d’Adria News Network (ANN), Branislav Šovljanski, directeur de l’information de N1, et Vojislav Stevanović, directeur adjoint de l’information de N1, et plus récemment sous l’égide du fonds Alpac Capital, N1 évolue d’une manière que nous ne pouvons accepter », indique la déclaration. « Nous avons constaté des pratiques de gestion autoritaire que nous, journalistes, critiquons depuis des années, et que nous dénonçons lorsqu’elles apparaissent non seulement dans d’autres médias, mais aussi dans la société en général », précise le communiqué.
17 octobre – 7h15 : Aleksandar Vučić a tenu meeting vendredi en fin d’après-midi à Novi Sad, en compagne de son allié le Premier ministre slovaque Robert Fico, qui s’est exprimé en serbe. Le chef du SNS a évoqué la tragédie de la gare de Novi Sad, en accusant ses adversaires d’avoir voulu exploiter politiquement la tragédie et diviser la Serbie.
16 octobre – 17h15 : « Pas de réaction, pas de rassemblement, pas d’importance accordée à cet événement. Parfois, le message le plus fort est celui que nous décidons de ne pas envoyer. » Les étudiants des facultés de Novi Sad appellent les habitants à ignorer le meeting électoral du Parti progressiste serbe (SNS), organisé ce vendredi 16 octobre, et à concentrer leurs efforts sur les élections législatives du 25 octobre.
Le centre-ville est bouclé depuis 14 heures. Des tracteurs sont stationnés sur le boulevard Mihajlo Pupin et des tribunes de 2 500 places ont été installées sur la place de la Liberté, où un important dispositif de sécurité encadre le rassemblement de la liste « Aleksandar Vučić – Serbie unie ». Selon le journaliste Dalibor Stupar, interrogé par N1, Novi Sad est pratiquement « sous occupation ». Six trains supplémentaires ont été mis en circulation vers la ville, où Vučić est arrivé en train avant de rejoindre le centre à pied.
Initialement prévu le 4 septembre, le meeting avait été annulé. Il s’agit de la première apparition officielle de Vučić à Novi Sad depuis l’effondrement de l’auvent de la gare, qui avait fait 16 morts, le 1er novembre 2024.
Dans Vreme, l’expert en sécurité Aleksandar Weisner rappelle que la Serbie présente, selon l’indice EVI publié en juin par la Fondation Kofi Annan, le deuxième risque le plus élevé de violences électorales en Europe, derrière la Russie. Il appelle la société civile à s’organiser pour se protéger face aux menaces, au harcèlement et aux risques d’arrestations arbitraires à l’approche du scrutin.
12h : Aleksandar Vučić va tenir un meeting ce vendredi à 18h à Novi Sad, alors qu’il n’avait jamais réussi depuis deux ans à organiser un rassemblement dans la capitale de la Voïvodine. Tôt ce matin, une colonne de tracteurs, escortée par la police, est entrée en ville, se garant sur le boulevard Mihailo Pupin, depuis le centre jusqu’au pont de Varadin.
15 octobre – 14h : Le nombre d’électeurs inscrits au Kosovo sur les listes électorales de Serbie a augmenté de plus de 20 000 depuis les dernières élections, selon une enquête de Radio Free Europe, qui a constaté des doublons, des fautes d’orthographe et des informations incomplètes concernant les électeurs inscrits sur ces listes.
Si les ministères concernés ne fournissent aucune explication quant à ces erreurs, des représentants de l’opposition, membres de la Commission de révision des listes électorales, dénoncent un système « désorganisé » susceptible d’entraîner des fraudes électorales. Les autorités, quant à elles, affirment que ces listes sont « les plus à jour à ce jour ».
Les élections ne seront pas organisées au Kosovo, mais les électeurs souhaitant voter devront se rendre dans des bureaux spécifiques ouverts en Serbie.
Traditionnellement, les électeurs serbes du Kosovo sont très majoritirement acquis au SNS d’Aleksandar Vučić, pour lequel la Liste Srpska appelle à voter, mais ils semblent plus divisés à la veille du scrutin du 25 octobre.
14 octobre – 16h35 : Alors que la rédaction de Nova.rs s’oppose à la nomination de Marko Stjepanović au poste de rédacteur en chef, les journalistes ont reçu mardi soir une lettre en forme d’ultimatum, les invitant à rester dans la rédaction en acceptant le nouveau rédacteur en chef, tout en promettant un « soutien au journalisme indépendant et critique ». Autrement, ils devront quitter la rédaction, en touchant des indemnités financières.
Les journalistes et les autres salariés de Nova.rs invitent les citoyens à se rassembler ce mercredi soir à 18h devant leur rédaction, Bulevar Zoran Đinđić 8a à Belgrade, et à les soutenir dans « la lutte pour la survie du portail tel que vous le connaissez ».
14 octobre – 16h : Trois colonnes étudiantes vont converger vers Belgrade le 22 octobre. Outre celle venue de Serbie occidentale, qui aura elle-même trois points de départ, une colonne partira le 16 octobre de Bor, dans l’est du pays, et passera par Žagubica, Petrovac, Požarevac et Smederevo, et une autre partira de Novi Sad le 20 octobre, faisant étape à Stara Pazova.
12 octobre – 11h45 : Les étudiants de l’ouest de la Serbie organisent trois marches à pied vers Belgrade, où la liste étudiante tiendra son rassemblement final le 22 octobre, place Slavija, à trois jours des élections législatives prévues le 25 octobre.
La première colonne partira le 18 octobre de Gornji Milanovac, via Ljig, Lazarevac et Obrenovac. Les deux autres prendront le départ le 19 octobre, respectivement de Valjevo et de Šabac. La première passera par Lazarevac et Obrenovac, la seconde par Banjani, près d’Uba, puis Obrenovac.
Les trois colonnes doivent converger vers la capitale. Les citoyens et les étudiants souhaitant participer peuvent s’inscrire jusqu’au 15 octobre à minuit.
9 octobre – 12h : Le Parlement européen n’a reçu aucune invitation des autorités serbes pour l’envoi d’une mission d’observation aux prochaines élections. Or, la date limite pour formuler cette invitation était le 8 octobre et, en l’absence d’invitation formelle, le Parlement européen ne peut envoyer de mission d’observation.
Le rapporteur du Parlement européen pour la Serbie, Tonino Picula, a confirmé que le Groupe du Parlement européen pour le soutien à la démocratie et la coordination des élections avait bien transmis une demande en temps voulu pour observer les élections générales en Serbie le 25 octobre 2026.
Selon lui, la Conférence des présidents a approuvé l’envoi d’une délégation de sept membres, sous réserve du respect des critères requis, notamment la réception d’une invitation officielle pour l’envoi de la mission d’observation électorale, et la possibilité pour les membres de participer au vote en séance plénière à Strasbourg le jeudi 22 octobre, avant leur départ pour la Serbie.
« Cependant, les autorités serbes n’ont pas invité le Parlement européen à observer les élections du 25 octobre, et le délai imparti pour organiser la mission du Parlement européen est désormais expiré. De fait, l’occasion d’envoyer une délégation d’observateurs du Parlement européen a été manquée », a-t-il déclaré à Radio Free Europe.
6 octobre – 9h30 : Des lycéens serbes ont exprimé leur solidarité avec leurs camarades mobilisés en France contre les classes surchargées, le manque d’enseignants et la dégradation des conditions d’apprentissage. Face aux violences policières, ils rappellent que la voix des jeunes doit être entendue et leur sécurité protégée.
« Même si nous parlons une autre langue, nous connaissons les revendications et nous avons déjà appris que la solidarité ne connaît pas de frontières. ✊
Dans toute la France 🇫🇷, des lycéens bloquent leurs établissements et manifestent contre les classes surchargées, le manque d’enseignants et les mauvaises conditions d’apprentissage. Ils réclament une éducation dans laquelle leurs besoins et leur voix comptent. Leurs revendications sont également soutenues par les syndicats enseignants, qui appellent les personnels à se tenir aux côtés des élèves.
Sur les photos, nos camarades de Bordeaux. Leur combat se déroule loin de nos établissements, mais nous savons combien de courage il faut pour s’organiser, faire entendre sa voix et tenir bon avec les autres.
Nous savons aussi ce que cela signifie lorsque des amis, des enseignants et des parents se tiennent à vos côtés. Lorsque vous savez que vous n’êtes pas seul·e.
Alors que nous parviennent également de France des informations faisant état de violences policières et d’élèves blessés, nous affirmons que la voix des jeunes doit être entendue et que leur sécurité doit être protégée.
Depuis la 🇷🇸, nous adressons notre solidarité à toutes celles et ceux qui se battent pour une éducation meilleure et plus juste. Nos salles de classe sont différentes, mais nous avons de nombreuses raisons d’être solidaires les uns des autres. ❤️»
1er octobre – 10h : Les partis de la minorité albanaise de Preševo, Bujanovac et Medveđa se présenteront finalement unis aux élections législatives anticipées du 25 octobre en Serbie. L’accord sur une liste commune a été conclu, mardi 29 septembre à Pristina, sous l’égide du Premier ministre kosovar Albin Kurti.
29 septembre – 17h15 : Dimanche soir, la police a interpellé le maire de Belgrade Aleksandar Šapić après un incident survenu à Novi Beograd, au cours duquel Tanja Mićić, conseillère municipale du mouvement Kreni-Promeni, a été blessée. Elle affirme qu’Aleksandar Šapić lui a donné un coup de poing au nez, tandis que le maire de Belgrade présente une version différente des faits et affirme l’avoir simplement repoussée.
Selon Tanja Mićić, tout s’est déroulé lors d’une promenade vespérale tout à fait ordinaire. Elle se trouvait avec son mari et son chien dans son quartier de Novi Beograd lorsqu’ils ont croisé Aleksandar Šapić. Elle affirme que le maire est d’abord passé devant eux, puis s’est retourné, les a suivis et a engagé une altercation verbale, avant d’en venir aux mains. D’après sa soeur, Tanja Mićić présente d’importantes blessures, avec le nez et la machoire cassée.
Une manifestation est prévue mercredi à 16h devant la mairie de Belgrade.
28 septembre – 9h : Le changement de pouvoir à Budapest rebat les cartes au sein de la communauté hongroise de Serbie. Alors que le VMSZ-SVM reste allié au pouvoir de Belgrade, ses adversaires soutiennent la liste étudiante aux législatives. Le SVM conserve d’importants atouts institutionnels. Il dispose de six députés sur 250 au Parlement serbe et de sept élus sur 120 à l’Assemblée de Voïvodine.
27 septembre – 21h : Le président serbe Aleksandar Vučić a démissionné de ses fonctions, qu’il occupait depuis 2017. Il quitte la présidence huit mois avant la fin prévue de son second mandat, en mai 2027, afin de pouvoir participer aux élections législatives du 25 octobre comme candidat du Parti progressiste serbe (SNS) et briguer à nouveau le poste de Premier ministre.
Élu président à deux reprises, en 2017 et 2022, Vučić ne pouvait constitutionnellement briguer un troisième mandat. Sa démission ouvre la procédure d’élection d’un nouveau chef de l’État.
Conformément à la Constitution, la présidence par intérim revient à la présidente de l’Assemblée nationale, Ana Brnabić. Celle-ci pourra exercer cette fonction pendant trois mois au maximum.
Aleksandar Vučić a annoncé que le premier tour de l’élection présidentielle aurait lieu avant la fin décembre. Selon la loi, le scrutin doit être organisé entre 30 et 60 jours après sa convocation et au plus tard trois mois après la fin du mandat présidentiel. Le scrutin pourrait donc avoir lieu entre le début novembre et la fin décembre.
26 septembre – 19h : À vélo, à pied ou en faisant du porte-à-porte dans les villages, les étudiants mènent une campagne électorale hors normes. Leur tour de Serbie engendre partout des scènes de liesse populaire. Un reportage en Voïvodine de notre correspondante Milica Čubrilo Filipović.
25 septembre – 10h10 : Plus de 500 000 électeurs serbes sont inscrits sur les listes électorales sans nom de rue ni numéro de maison, selon une analyse de Radio Slobodna Evropa (RSE), réalisée à partir des données publiques du registre électoral. Ils pourront ainsi participer aux élections législatives anticipées du 25 octobre sans qu’une adresse précise soit renseignée.
Le phénomène concerne différentes régions du pays. Dans 13 communes frontalières, environ 85 000 électeurs sont ainsi enregistrés à l’adresse « nema ulice 0 » (« pas de rue, zéro »). Dans le village d’Ivanje, près de Prijepolje, 1 523 électeurs sont enregistrés sous cette adresse, alors que le recensement de 2022 y comptait 1 101 habitants.
À Belgrade, plus de 90 % des adresses du registre électoral ne comportent pas de numéro d’appartement. À Zemun, un immeuble compte ainsi 176 électeurs à une même adresse, sans possibilité de savoir combien sont enregistrés dans chaque appartement.
Selon Vladimir Erceg, du Centre pour la recherche, la transparence et la responsabilité (CRTA), ces anomalies s’expliquent notamment par une mauvaise synchronisation entre les données du ministère de l’Intérieur et le registre des adresses de l’Institut géodésique. Il estime toutefois que cette situation constitue un « terrain propice » aux manipulations.
RFE relève également plusieurs centaines d’électeurs inscrits aux adresses de centres d’action sociale. À Novi Sad, 446 électeurs sont ainsi enregistrés à l’adresse d’un centre, tandis qu’à Niš, 504 électeurs figurent à une même adresse située dans un quartier informel.
Le CRTA estime que la révision du registre électoral, engagée notamment à la suite des recommandations de l’OSCE/BIDDH après les élections de 2023, ne sera pas achevée avant le scrutin du 25 octobre. Une commission de dix membres doit néanmoins publier des conclusions partielles avant les élections. Selon les données arrêtées au 21 septembre, plus de 6,44 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes.
24 septembre – 8h50 : Les étudiants qui arpentent la Serbie sont arrivés à Bijeljina, en Republika Srpska de Bosnie-Herzégovine, avec un message « à nos compatriotes de ce côté de la Drina. » Cette arrivée marque le début d’un nouveau terrain de lutte politique : la quête de voix auprès des citoyens serbes résidant en Bosnie-Herzégovine.
Des représentants de la Liste des étudiants ont expliqué à Radio Free Europe que, bien qu’ils communiquent avec des personnes du monde entier depuis deux ans, il s’agit là de leur « premier contact direct avec des habitants de la Republika Srpska ».
Ils ont décidé de franchir ce pas, car ils sont préoccupés par l’idée reçue selon laquelle les électeurs de la Republika Srpska soutiendraient automatiquement et invariablement le parti au pouvoir en Serbie. « En réalité, ils n’ont pas l’occasion d’entendre directement les autres acteurs du processus électoral. C’est pourquoi nous avons décidé d’établir un contact direct avec eux aussi et de leur proposer une alternative », ont-ils déclaré à RFE.
21 septembre – 21h20 : Les étudiants partis pour une campagne à vélo à travers la Serbie en empruntant deux itinéraires — vers le nord et vers le sud du pays — sont arrivés ce lundi soir à leurs destinations respectives. Ils ont été accueillis à Sombor et à Niš par un grand nombre de citoyens ainsi que par des membres du Parti progressiste serbe (SNS), qui avaient installé des stands à proximité.
Un accueil solennel avait été organisé à Sombor,devant le siège du district : les citoyens ont formé une haie d’honneur pour permettre au cortège de cyclistes d’atteindre la scène improvisée, et un tapis rouge avait également été déroulé. À Niš, des centaines de citoyens attendaient également les étudiants. À l’issue du rassemblement, des militants du SNS ont grimpé sur la forteresse en brandissant une banderole « La Serbie gagne », tout en lançant des insultes et des provocations aux personnes qui revenaient de l’événement.
17 septembre – 11h30 : Deux groupes d’étudiants ont entamé jeudi 17 septembre un tour de la Serbie à vélo, dans le cadre de la campagne électorale de la Liste étudiante. Partis de Belgrade, l’un vers le nord et l’autre vers le sud, ils doivent parcourir le pays pendant dix jours et se retrouver à Kragujevac.
Baptisée « Gardiens de la Constitution », l’initiative doit permettre aux étudiants de rencontrer les habitants dans de nombreuses villes et localités et de leur présenter la Constitution serbe. Trois exemplaires du texte fondamental sont également emportés, en référence au numéro trois attribué à la Liste étudiante sur le bulletin de vote.
Le parcours nord passera notamment par Vršac, Zrenjanin, Kikinda, Subotica, Sombor, Novi Sad, Šabac, Loznica et Lazarevac, avant l’arrivée à Kragujevac. Les organisateurs estiment qu’environ 250 personnes pourraient participer au total, en comptant les personnes qui les rejoindront en cours de route.
Les étudiants veulent ainsi, selon leurs déclarations à N1, aller à la rencontre des citoyens à l’approche des élections législatives anticipées du 25 octobre.
15 septembre – 12h45 : Le cardiologue et professeur de médecine Ilija Srdanović est le nouveau numéro un de la « Liste étudiante – Les étudiants gagnent », déposée lundi auprès de la Commission électorale de la République (RIK) en vue des législatives anticipées du 25 octobre. Il remplace le recteur de Belgrade Vladan Đokić, écarté après un vote serré au sein du mouvement étudiant.
Soutien de longue date des mobilisations étudiantes, Ilija Srdanović, 56 ans, enseigne à la faculté de médecine de Novi Sad et travaille depuis 1997 à l’Institut des maladies cardiovasculaires de Voïvodine. Lors d’un récent rassemblement à Novi Sad, il a dénoncé l’absence de poursuites dans le dossier de la catastrophe de la gare de Novi Sad, estimant que « la corruption tue » et que les autorités sont elles-mêmes « les principaux responsables ».
La Liste étudiante a par ailleurs présenté son programme, articulé autour de onze mesures regroupées en trois axes : lutte contre la corruption et renforcement des institutions, réforme de l’éducation et développement économique. « La Serbie se trouve face à un choix clair : poursuivre son déclin dans la corruption ou reconstruire l’État à la mesure de chacun de ses citoyens », affirment les étudiants.
11 septembre – 16h35 : Les étudiants ont lancé leur campagne électorale jeudi 10 septembre par un rassemblement dans le centre de Novi Sad, devant le Théâtre national serbe. Ils ont présenté certains des candidats figurant sur leur liste.
Parmi ces candidats figurant Nemanja Đurić, président du syndicat de la magistrature ; Ilija Srdanović, cardiologue à Novi Sad et professeur à la faculté de médecine ; Ljubica Oparnica, professeure à la faculté des sciences de l’éducation de Sombor ; et Jovo Bakić, professeur à la faculté de philosophie de Belgrade — tous étant également intervenus devant la foule depuis la tribune. Ont aussi été présentés comme candidats Radomir Saičić, professeur à la faculté de chimie de Belgrade ; Adem Mavrić, politologue originaire de Novi Pazar ; ainsi que l’acteur Tihomir Stanić.
11 septembre – 16h25 : La campagne pour les élections législatives anticipées du 25 octobre a déjà commencé, et Aleksandar Vučić mène la campagne de son Parti progressiste serbe (SNS) alors qu’il est toujours chef de l’État. Interrogé par N1 lors d’une conférence, il a affirmé qu’il présenterait sa démission, annoncée au début de l’été, « dès son retour des États-Unis, le 25 ou le 26 septembre ». Il a ajouté qu’il entendait mener la campagne « comme un simple citoyen ».
