25 septembre – 10h10 : Plus de 500 000 électeurs serbes sont inscrits sur les listes électorales sans nom de rue ni numéro de maison, selon une analyse de Radio Slobodna Evropa (RSE), réalisée à partir des données publiques du registre électoral. Ils pourront ainsi participer aux élections législatives anticipées du 25 octobre sans qu’une adresse précise soit renseignée.
Le phénomène concerne différentes régions du pays. Dans 13 communes frontalières, environ 85 000 électeurs sont ainsi enregistrés à l’adresse « nema ulice 0 » (« pas de rue, zéro »). Dans le village d’Ivanje, près de Prijepolje, 1 523 électeurs sont enregistrés sous cette adresse, alors que le recensement de 2022 y comptait 1 101 habitants.
À Belgrade, plus de 90 % des adresses du registre électoral ne comportent pas de numéro d’appartement. À Zemun, un immeuble compte ainsi 176 électeurs à une même adresse, sans possibilité de savoir combien sont enregistrés dans chaque appartement.
Selon Vladimir Erceg, du Centre pour la recherche, la transparence et la responsabilité (CRTA), ces anomalies s’expliquent notamment par une mauvaise synchronisation entre les données du ministère de l’Intérieur et le registre des adresses de l’Institut géodésique. Il estime toutefois que cette situation constitue un « terrain propice » aux manipulations.
RFE relève également plusieurs centaines d’électeurs inscrits aux adresses de centres d’action sociale. À Novi Sad, 446 électeurs sont ainsi enregistrés à l’adresse d’un centre, tandis qu’à Niš, 504 électeurs figurent à une même adresse située dans un quartier informel.
Le CRTA estime que la révision du registre électoral, engagée notamment à la suite des recommandations de l’OSCE/BIDDH après les élections de 2023, ne sera pas achevée avant le scrutin du 25 octobre. Une commission de dix membres doit néanmoins publier des conclusions partielles avant les élections. Selon les données arrêtées au 21 septembre, plus de 6,44 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes.
24 septembre – 8h50 : Les étudiants qui arpentent la Serbie sont arrivés à Bijeljina, en Republika Srpska de Bosnie-Herzégovine, avec un message « à nos compatriotes de ce côté de la Drina. » Cette arrivée marque le début d’un nouveau terrain de lutte politique : la quête de voix auprès des citoyens serbes résidant en Bosnie-Herzégovine.
Des représentants de la Liste des étudiants ont expliqué à Radio Free Europe que, bien qu’ils communiquent avec des personnes du monde entier depuis deux ans, il s’agit là de leur « premier contact direct avec des habitants de la Republika Srpska ».
Ils ont décidé de franchir ce pas, car ils sont préoccupés par l’idée reçue selon laquelle les électeurs de la Republika Srpska soutiendraient automatiquement et invariablement le parti au pouvoir en Serbie. « En réalité, ils n’ont pas l’occasion d’entendre directement les autres acteurs du processus électoral. C’est pourquoi nous avons décidé d’établir un contact direct avec eux aussi et de leur proposer une alternative », ont-ils déclaré à RFE.
21 septembre – 21h20 : Les étudiants partis pour une campagne à vélo à travers la Serbie en empruntant deux itinéraires — vers le nord et vers le sud du pays — sont arrivés ce lundi soir à leurs destinations respectives. Ils ont été accueillis à Sombor et à Niš par un grand nombre de citoyens ainsi que par des membres du Parti progressiste serbe (SNS), qui avaient installé des stands à proximité.
Un accueil solennel avait été organisé à Sombor,devant le siège du district : les citoyens ont formé une haie d’honneur pour permettre au cortège de cyclistes d’atteindre la scène improvisée, et un tapis rouge avait également été déroulé. À Niš, des centaines de citoyens attendaient également les étudiants. À l’issue du rassemblement, des militants du SNS ont grimpé sur la forteresse en brandissant une banderole « La Serbie gagne », tout en lançant des insultes et des provocations aux personnes qui revenaient de l’événement.
17 septembre – 11h30 : Deux groupes d’étudiants ont entamé jeudi 17 septembre un tour de la Serbie à vélo, dans le cadre de la campagne électorale de la Liste étudiante. Partis de Belgrade, l’un vers le nord et l’autre vers le sud, ils doivent parcourir le pays pendant dix jours et se retrouver à Kragujevac.
Baptisée « Gardiens de la Constitution », l’initiative doit permettre aux étudiants de rencontrer les habitants dans de nombreuses villes et localités et de leur présenter la Constitution serbe. Trois exemplaires du texte fondamental sont également emportés, en référence au numéro trois attribué à la Liste étudiante sur le bulletin de vote.
Le parcours nord passera notamment par Vršac, Zrenjanin, Kikinda, Subotica, Sombor, Novi Sad, Šabac, Loznica et Lazarevac, avant l’arrivée à Kragujevac. Les organisateurs estiment qu’environ 250 personnes pourraient participer au total, en comptant les personnes qui les rejoindront en cours de route.
Les étudiants veulent ainsi, selon leurs déclarations à N1, aller à la rencontre des citoyens à l’approche des élections législatives anticipées du 25 octobre.
15 septembre – 12h45 : Le cardiologue et professeur de médecine Ilija Srdanović est le nouveau numéro un de la « Liste étudiante – Les étudiants gagnent », déposée lundi auprès de la Commission électorale de la République (RIK) en vue des législatives anticipées du 25 octobre. Il remplace le recteur de Belgrade Vladan Đokić, écarté après un vote serré au sein du mouvement étudiant.
Soutien de longue date des mobilisations étudiantes, Ilija Srdanović, 56 ans, enseigne à la faculté de médecine de Novi Sad et travaille depuis 1997 à l’Institut des maladies cardiovasculaires de Voïvodine. Lors d’un récent rassemblement à Novi Sad, il a dénoncé l’absence de poursuites dans le dossier de la catastrophe de la gare de Novi Sad, estimant que « la corruption tue » et que les autorités sont elles-mêmes « les principaux responsables ».
La Liste étudiante a par ailleurs présenté son programme, articulé autour de onze mesures regroupées en trois axes : lutte contre la corruption et renforcement des institutions, réforme de l’éducation et développement économique. « La Serbie se trouve face à un choix clair : poursuivre son déclin dans la corruption ou reconstruire l’État à la mesure de chacun de ses citoyens », affirment les étudiants.
11 septembre – 16h35 : Les étudiants ont lancé leur campagne électorale jeudi 10 septembre par un rassemblement dans le centre de Novi Sad, devant le Théâtre national serbe. Ils ont présenté certains des candidats figurant sur leur liste.
Parmi ces candidats figurant Nemanja Đurić, président du syndicat de la magistrature ; Ilija Srdanović, cardiologue à Novi Sad et professeur à la faculté de médecine ; Ljubica Oparnica, professeure à la faculté des sciences de l’éducation de Sombor ; et Jovo Bakić, professeur à la faculté de philosophie de Belgrade — tous étant également intervenus devant la foule depuis la tribune. Ont aussi été présentés comme candidats Radomir Saičić, professeur à la faculté de chimie de Belgrade ; Adem Mavrić, politologue originaire de Novi Pazar ; ainsi que l’acteur Tihomir Stanić.
11 septembre – 16h25 : La campagne pour les élections législatives anticipées du 25 octobre a déjà commencé, et Aleksandar Vučić mène la campagne de son Parti progressiste serbe (SNS) alors qu’il est toujours chef de l’État. Interrogé par N1 lors d’une conférence, il a affirmé qu’il présenterait sa démission, annoncée au début de l’été, « dès son retour des États-Unis, le 25 ou le 26 septembre ». Il a ajouté qu’il entendait mener la campagne « comme un simple citoyen ».



