Dans un entretien accordé au site d’investigation BIRN, Momčilo Marjanović évoque ouvertement la mise en place de groupes de nervis au service du parti au pouvoir, la présence d’armes dans le campement connu sous le nom de « Ćaciland » le 15 mars 2025, lors du rassemblement historique à l’appel des étudiants, l’achat de voix, la collecte de « voix garanties », ainsi que le paiement en espèces qu’il a reçu pour ses services, par le biais de l’entreprise publique de chauffage collectif Novosadska Toplana.
« Mon rôle consistait à diriger une équipe d’hommes vers les lieux les plus sensibles et critiques, comme le Ćaciland, et lors de tout rassemblement où se trouvaient des étudiants ou des membres de l’opposition. J’étais toujours en première ligne avec ces hommes. Notre mission était de recourir à la force, et pas forcément en dernier ressort », confie-t-il.
Momčilo Marjanović est né à Kikinda. À 19 ans, il s’est rendu à Novi Sad, où il a entamé des études d’histoire avant de bifurquer vers la Faculté des sports et d’éducation physique, où il a obtenu un diplôme d’entraîneur de football. C’est dans les services de sécurité qu’il a trouvé un emploi, puis, « conseillé » par un ami, il s’est engouffré dans les griffes du SNS. Aujourd’hui, il se cache en lieu sûr. Chauve, petite barbe et moustache soignées, à 54 ans, à la demande de sa fille, et après s’être rendu avec elle au monastère d’Ostrog au Monténégro, il raconte tout, conscient des possibles conséquences.
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