Vingt-cinq ans après le premier coup de pioche, la Bosnie-Herzégovine n’a toujours pas achevé son tronçon du corridor paneuropéen Vc, qui doit relier l’Europe centrale à l’Adriatique. Depuis 2001, seuls 250 kilomètres d’autoroutes ont été construits dans le pays, pour quelque 2,1 milliards d’euros. De larges portions du réseau restent isolées, et certains tronçons ne mènent nulle part. De plus, ce sont deux réseaux qui se développent, sans concertation.
Sur le papier, l’idée était plutôt bonne : créer un corridor paneuropéen qui relierait Budapest, Osijek, Sarajevo et le port croate de Ploče. Mais dans les faits, la construction de ce projet débuté il y a un quart de siècle reflète, lui aussi, la fragmentation de la Bosnie-Herzégovine et les intérêts divergents de ses dirigeants. Car la Bosnie-Herzégovine n’a pas de politique de transport unifiée à l’échelle nationale. La construction d’infrastructures relève de la compétence constitutionnelle de la Fédération de Bosnie-Herzégovine et du côté de la Republika Srpska, de leurs ministères des Transports ainsi que des entreprises publiques qui les gèrent. Les fonds ainsi que les prestataires dépendent aussi de l’entité.
Ainsi, la Fédération construit des tronçons du corridor Vc grâce à des prêts de l’Union européenne et à des entreprises locales mais aussi turques. La Republika Srpska quant à elle, développe son propre réseau autoroutier qui relie Banja Luka à Doboj, Prijedor, Brčko, Bijeljina et la Serbie. Outre les entreprises locales, des entreprises de construction chinoises participent également aux travaux, et le financement, en plus des fonds européens, provient de banques d’État chinoises.
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