À Bucarest, le numéro 3 de la rue George Georgescu, non loin du Palais du Parlement, ressemble à n’importe quel ensemble administratif. À l’entrée, des plaques dorées signalent la présence du Parquet militaire rattaché au tribunal militaire de Bucarest et d’un bureau du ministère des Affaires intérieures.
Autrefois, l’adresse n’était pas la même mais abritait déjà des services de l’État. Officiellement, au 39 Avenue Rahovei – son ancien nom – siégeait le département des enquêtes criminelles de la Milice, instrument du maintien de l’ordre et de la répression sous le régime communiste. À l’arrière du bâtiment, à l’abri des regards, la Securitate, la police politique secrète, avait installé sa Direction numéro VI, dédiée elle aussi aux enquêtes criminelles et notamment chargée d’instruire les « atteintes à la sécurité de l’État ». En 2026, pas une plaque ne vient rappeler qu’à cet endroit ont été détenus, dans onze cellules sommairement meublées, des citoyens et citoyennes que le régime avait désigné comme « ennemis ».
En présentant d’exceptionnelles archives audiovisuelles, l’exposition A.REST 1989, visible au Musée national d’histoire de Roumanie jusqu’au 20 septembre, met un coup de projecteur sur ce lieu et ses pratiques, symboles de la répression pendant la période communiste, permettant une véritable immersion derrière les murs d’un centre de détention clandestin, à la veille de la chute de la dictature.
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