28 117 articles
Les violents combats qui ont opposé les Serbes et les Albanais le 24 décembre près de Podujevo ne sont que la suite des conflits enregistrés pendant le cessez-le-feu dans d’autres régions du Kosovo. Le cessez-le-feu avait été proclamé à la mi-octobre après l’accord signé à Belgrade par l’émissaire américain Richard Holbrooke et le président de la RF Yougoslavie Slobodan Milosevic. Le nombre de forces engagées, la quantité d’armes à feu utilisées et la vaste étendue du territoire indiquent que l’opération de Podujevo est la plus importante lancée par les forces serbes dans les conditions du cessez-le-feu. Auparavant, la plus grande opération avait été celle des quelques villages de la région de Decani-Djakovica. Cette opération avait alors été expliquée comme une tentative d’arrestation des meurtriers de six jeunes hommes serbes tués dans un café de Pec, et la dernière vient d’êtr e justifiée comme la poursuite des assassins d’un inspecteur de police serbe.
«Dans l’éventualité d’un raid de Martin Brod par la SFOR et ses véhicules blindés, j’étais prêt à y envoyer non seulement des forces de police, mais également une résistance en provenance des rangs mêmes de l’armée. » Cette déclaration incroyable, faite par Franjo Tudjman lors de l’ouverture de l’école militaire Ban Josip Jelacic, la plus grande institution d’éducation militaire de Croatie, indique que la Croatie est passée près d’une guerre contre les forces internationales de la paix. Elle prouve que les relations de Zagreb avec la communauté internationale et ses forces de paix en Bosnie-Herzégovine sont tombées au point le plus bas, auquel seulement Radovan Karadzic était descendu lorsqu’il avait kidnappé des «casques bleus» de l’ONU et qu’il les avait attachés à des téléviseurs et à des émetteurs radars.