Dans ses sorties publiques incohérentes, Edi Rama, maniant tantôt le bâton, tantôt la carotte, montre qu’il est à des années-lumière de comprendre ce qui se passe dans son propre pays. Grisé par un long exercice du pouvoir, il interprète les derniers événements comme un simple mécontentement envers sa gouvernance, et non comme une révolte contre le modèle mafieux qu’il a imposé aux citoyens. Le langage dont il use contre les étudiants, parfois comme un gangster qui menace, parfois comme les anciens dirigeants communistes qui faisaient leur autocritique et promettaient de l’aide, montre clairement que son régime arrive à son terme.
Edi Rama n’a jamais été aussi faible, aussi dépassé et aussi effrayé que ces derniers jours. Il essaie de hausser le ton pour signifier qu’on ne peut pas se jouer de lui ni de son État. Mais depuis quatorze jours, il essaie de faire ce qu’il n’a pas fait durant quatorze ans : baisser les prix des produits de base, supprimer la taxe sur les carburants, donner un peu plus d’aide aux étudiants et aux familles pauvres, taxer davantage les riches, etc.
Plus le scandale était grand, plus Edi Rama restait insensible envers ceux qu’il pillait sans pitié.
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