La mort de Ratko Mladić, le 27 août, a suscité d’innombrables réactions, tant en Bosnie-Herzégovine qu’en Serbie. Le décès du criminel de guerre ravive la fracture mémorielle au sein du pays comme sur l’autre rive de la Drina. Quand les dirigeants serbes de Bosnie saluent un « héros », Sarajevo et les associations de victimes rappellent qu’il reste, en droit comme en fait, le condamné pour génocide le plus emblématique des guerres yougoslaves. Entre les deux, le pouvoir serbe de Belgrade avance sur une ligne de crête inconfortable, même si certains médias proches du pouvoir omettent de rappeler les crimes commis par l’intéressé.
Parmi les toutes premières réactions figure celle de l’association des Mères de Srebrenica, dont la porte-parole, Kada Hotić, a déclaré : « sa mort n’atténue en rien sa responsabilité dans les crimes commis, ni ne saurait modifier les faits établis par les tribunaux. Au contraire, son nom restera à jamais gravé dans l’histoire internationale comme celui de l’un des criminels de guerre les plus notoires de la fin du XXe siècle, un homme dont le commandement et la responsabilité individuelle dans les crimes les plus graves ont été formellement établis. »
Republika Srpska : glorification d’un «héros serbe»
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