Espionnage : Fabrice Arfi et l’agent qui venait de Roumanie

Un ressortissant roumain d’origine italienne s’établit à Villeurbanne en 1969, travaillant probablement comme agent dormant des services de l’est. Autour de lui, se mêlent les fils de plusieurs histoires, notamment celle de Charles Hernu. L’espionnage est la fiction de l’État : la littérature parviendra-t-elle, mieux que l’enquête journalistique, à percer les légendes ? Entretien.

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Fabrice Arfi.
Fabrice Arfi.CC Thinkerview (Wikimedia commons)

Le Courrier des Balkans (CdB) : L’espionnage roumain en France est une réalité bien oubliée, mais qui a pourtant joué un rôle majeur durant la Guerre froide.

Fabrice Arfi (F.A.) : Oui, je ne suis pas un spécialiste de ces questions, mais je suis parti sur les traces d’un agent secret, j’ai passé beaucoup de temps dans les archives ou en discussion avec de vieux routiers du renseignement, avec des anciens de la DST, des Renseignements généraux ou de ce qui était alors le SDEC, et cela m’a permis de comprendre ce particularisme roumain. La Roumanie est un pays francophone et francophile, encore aujourd’hui, comme je m’en suis rendu compte en allant à Bucarest, et le Pacte de Varsovie a utilisé cette particularité, ce qui ne veut bien sûr pas dire que le KGB, les services tchèques ou bulgares n’opéraient pas eux aussi directement en France.

CdB : Mais alors, qui était ce Vincenzo Benedetto qui a fait l’objet de votre enquête ?

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