Roumanie : surexploitation et dumping social pour les chauffeurs routiers internationaux

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La majeure partie du transport routier international en Union européenne est assurée par des centaines de milliers de chauffeurs routiers issues d’Europe de l’Est, Pologne, Lituanie et Roumanie en tête. Moins chers que leurs confrères de l’Ouest, ils permettent aux transporteurs d’opérer à moindres coûts et plus larges profits, mais travaillent dans des conditions parfois à la limite de l’« esclavage moderne ». Reportage.

La force de sa position, elle la tient de son expérience. Avant de fonder son syndicat en 2010, Elena Frandeş était DRH de la filiale roumaine d’une entreprise de transport autrichienne. « J’ai vu toutes les injustices. Beaucoup d’employeurs veulent devenir riches rapidement et se moquent de perdre de la main-d’œuvre. Les chauffeurs me disaient : ’Mme Elena, personne ne s’occupe de nous’. L’entreprise avait des licences en République tchèque, aux Pays-Bas, les chauffeurs roumains ont vu qu’ils n’étaient pas traités à la même enseigne que leurs collègues qui, eux, étaient organisés en syndicat. Alors, on a pris notre courage à deux mains et on l’a fait. » (...)

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