Minorités en Serbie : « je suis Tsintsare et j’en suis fière »
Issue de la communauté aroumaine de Macédoine du Nord, la linguiste Lila Kona s’inquiète de la lente disparition de sa langue maternelle, dernier pilier identitaire d’un peuple sans État. Elle appelle à la pleine reconnaissance d’une minorité tsintsare en Serbie, son pays d’adoption.
Traduit et adapté par Guillaume Balout (article original)
Étudiante, j’ai voyagé de Skopje à Paris par le célèbre Orient-Express. Lorsque je suis entrée dans le coupé, il y avait déjà des voyageurs de Grèce. Je suis restée bouché bée à la vue d’une croix tatouée sur le front d’une voyageuse d’un certain âge, exactement comme celle de ma mère, de ma tante… Elle discutait à demi-voix avec un jeune homme dans une langue que je comprenais. Plus tard, au cours d’une conversation, j’ai appris qu’ils étaient originaires de Véria et qu’ils avaient l’habitude de parler à voix basse.
J’ai découvert la proximité entre ma langue (…)
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