Turquie : il y a cent ans, la chute de Smyrne et l’exode des Grecs

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Le 8 septembre 1922, les Turcs reprenaient le grand port d’Asie mineure. Quelques jours plus tard, un immense incendie ravageait la ville et des dizaines de milliers de chrétiens prenaient le chemin d’une Grèce où ils n’avaient jamais mis les pieds. Le souvenir de cette « grande catastrophe » hante toujours les mémoires et attise les tensions nationalistes. Entretien avec l’historien Hervé Georgelin.

Propos recueillis par Laurent Geslin Mustafa Kemal pour sa part était un Balkanique [né à Salonique, NDLR], il n’était donc pas étranger à la modernité turque de ces grandes villes. Car la modernité ottomano-turque est aussi le produit des mêmes centres urbains que la modernité grecque. Mustafa Kemal était aussi un militaire, un homme d’État qui voulait conserver tout territoire conquis, peu importe sa majorité démographique. Les Grecs étaient d’ailleurs majoritaires dans le sandjak de Smyrne mais les musulmans l’étaient dans le vilayet d’Aidan. Il existait aussi dans l’Empire ottoman un savoir-faire de violence collective. L’armée grecque (...)

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