Mercredi 26 août au soir, Syros a donné le coup d’envoi de la dixième édition de son festival de rébétiko, « La Syra de Markos Vamvakaris ». Pendant cinq jours, l’île célèbre cette musique populaire née dans les années 1920 dans les quartiers populaires et les ports de la Grèce, devenue au fil du temps l’un des grands chapitres de la culture musicale du pays.
Sous la lune presque pleine, les coques des bateaux s’éclairent. Au chantier naval de Tarsanas, près d’Ermoupoli, des rangées de chaises en plastique blanc ont été installées. Des groupes de spectateurs, insulaires, amoureux de rébétiko venus de toute la Grèce ou d’ailleurs, admirent la scène installée au milieu de ce décor inhabituel. Certains se lèvent spontanément pour danser. L’ambiance est bon enfant, mais sur scène, tout est parfaitement maîtrisé. Le spectacle est gratuit et s’adresse à tous, dans un lieu populaire comme le chantier naval comme pour rappeler que le rébétiko est avant tout une musique du peuple pour le peuple.
Le festival s’est ouvert avec la chanteuse Sofia Papazoglou et son spectacle intitulé « Rosa, Stella et Marika : nos étrangères », consacré à trois grandes figures féminines du rébétiko : Roza Eskenazy (1897-1980), juive d’Istanbul, surnommée la « Reine du rébétiko », Stella Haskil (1918-1954), juive de Thessalonique qui a interprété plus de 130 chansons à côté de grands musiciens, et Marika Ninou (1922-1957), arménienne, qui a travaillé avec le célèbre musicien et compositeur Vassilis Tsitsanis.
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