Elektre est un trio composé de Monika Kabasele, chanteuse et guitariste gréco-congolaise, Maïlys Mallet, chanteuse et percussionniste franco-grecque, et Clément Buffière, français joueur de bouzouki amoureux de la Grèce. Ensemble, ces trentenaires viennent de lancer leur premier album “Néon”, accessible en ligne, un original mélange de rébétiko, ce genre musical populaire grecque qui s’est développé à partir des années 1920 avec l’arrivée des réfugiés d’Asie mineure en Grèce, et des sons hip-hop, trap, reggaeton, et électro.
En 2017, le rébétiko a été ajouté à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Le groupe entend réinventer cette musique traditionnelle qui était à l’origine liée aux bas-fonds des ports, aux milieux populaires, ayant tendance à s’échapper de leurs difficultés quotidiennes avec des substances enivrantes, en l’associant aux actuelles musiques urbaines nées aussi dans des quartiers défavorisés. Dans ce premier album, Elektre raconte l’histoire de femmes, d’exilé.e.s, de la fête comme un espace de réparation collective (“Sta tria”), de l’addiction (“ Kokaïni”), des faux semblants (“Ta spitia sou”).
Le Courrier des Balkans (CdB) : Expliquez-moi comment est né le projet, et comment vous êtes vous rencontrés tous les trois?
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