Opinion : en Albanie, la révolte d’un peuple trop longtemps soumis

Ce n’est pas un mouvement de colère contre la vie chère, c’est la révolte d’un peuple que l’on croyait soumis. Et ni Edi Rama ni ses soutiens n’ont pris la mesure de ce qui se passe en Albanie. Le point de vue de l’éditorialiste Armand Shkullaku.

 ⋅ 

4 min de lecture
Tirana, 18 juin 2026
Tirana, 18 juin 2026© Katarina Sula/ CdB

Dans ses sorties publiques incohérentes, Edi Rama, maniant tantôt le bâton, tantôt la carotte, montre qu’il est à des années-lumière de comprendre ce qui se passe dans son propre pays. Grisé par un long exercice du pouvoir, il interprète les derniers événements comme un simple mécontentement envers sa gouvernance, et non comme une révolte contre le modèle mafieux qu’il a imposé aux citoyens. Le langage dont il use contre les étudiants, parfois comme un gangster qui menace, parfois comme les anciens dirigeants communistes qui faisaient leur autocritique et promettaient de l’aide, montre clairement que son régime arrive à son terme.

Edi Rama n’a jamais été aussi faible, aussi dépassé et aussi effrayé que ces derniers jours. Il essaie de hausser le ton pour signifier qu’on ne peut pas se jouer de lui ni de son État. Mais depuis quatorze jours, il essaie de faire ce qu’il n’a pas fait durant quatorze ans : baisser les prix des produits de base, supprimer la taxe sur les carburants, donner un peu plus d’aide aux étudiants et aux familles pauvres, taxer davantage les riches, etc.

Plus le scandale était grand, plus Edi Rama restait insensible envers ceux qu’il pillait sans pitié.

Abonnez-vous
Cet article est réservé aux abonné⋅es (Re)devenez abonné⋅e pour lire la suite

Découvrez tous les contenus du Courrier des Balkans.

Offre découverte
1€

le premier mois puis 8€ par mois

Je m'abonne

Résiliable à tout moment en quelques clics

  • Un journal 100% indépendant
  • Accédez à des fonctionnalités exclusives
  • Explorez +25 ans d’archives sur les Balkans

Vous avez déjà un compte ? Se connecter

Thématiques :
Imprimer
À la une du Courrier des Balkans Voir la une