Des ados viennent commander des ailes de poulet en ce jeudi midi de printemps, au fast-food Nach, à Saint-Denis (Ile-de-France). Le décor bleu vif très moderne ne laisserait pas penser qu’il s’agit là d’un repaire goran. Pourtant, pendant six ans jusqu’à septembre 2025, ce restaurant tenu par une famille originaire de Restelica (le plus grand et méridional village de la Gora du Kosovo) s’appelait « Balkan Grill » et attirait les diasporas des Balkans. On y trouve encore quelques Gorani, qui poétisent l’ambiance de la salle par leurs sonorités de našinski (littéralement « notre langue »), avant de flâner avec une cigarette devant le commerce.
Au total, Saint-Denis compte quinze à vingt familles goranes, estime Ramadan Aga, le fils des propriétaires. Il travaille dans le même bâtiment, pour une entreprise de marketing basée à Bruxelles et n’attend qu’une chose : ses congés d’été. « Chaque année, je suis ici juste pour le boulot mais dès que je peux, je retourne dans la Gora. C’est le seul endroit où j’arrive à rester plus de dix jours sans m’ennuyer, parce que c’est chez moi », confie-t-il. À 27 ans, il vit à Saint-Denis avec son épouse gorane, et a déjà bien en tête la manière dont il va transmettre à ses enfants les traditions locales.
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