Monténégro

Le Monténégro est à la fois le plus petit et le plus ancien État des Balkans. Peuplé de 650.000 habitants, sur un territoire de 13.810 km2, le Monténégro a en effet toujours défendu son indépendance au cœur des Balkans ottomans, sous la houlette des princes-évêques de Cetinje, charge transmise au sein de la famille Petrović-Njegoš depuis 1696.

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La petite principauté montagnarde a alors commencé son expansion territoriale. Au XIXe siècle, elle va acquérir une pleine reconnaissance internationale, actée au Congrès de Berlin en 1878. Le prince Nikola Ier, qui règne de 1860 à 1921, prend en 1910 le titre de roi, mais son pays est envahi par les Allemands durant la Première Guerre mondiale, avant d’être réuni de force à la Serbie après celle-ci, dans le cadre du nouveau Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes.

En 1945, le Monténégro obtient le statut de République fédérée de la Yougoslavie et reste, en 1992, uni à la Serbie dans le cadre de la « troisième Yougoslavie ». Milo Đukanović s’est imposé comme l’homme fort du pays durant plus de trente ans, de 1989 à 2023, en qualité de Premier ministre ou de président de la République, mais surtout de chef du Parti démocratique des socialistes (DPS), héritier direct de l’ancienne Ligue des communistes monténégrins, qui est donc restée au pouvoir sans solution de continuité de 1945 à 2020. Milo Đukanović lui-même est battu à la présidentielle de 2023.

D’abord allié de Slobodan Milošević avant de se rapprocher de l’Occident à partir de 1996, Milo Đukanović a construit un régime népotique et autoritaire, fort lié à de multiples intérêts économiques souterrains. A la fin de son long exercice du pouvoir, il était un des dirigeants les plus riches du monde. L’alternance engagée en 2020 s’est déroulé pacifiquement, malgré les tensions récurrentes entre les partis « pro-serbes » et ceux qui affichent leur attachement au Monténégro, et le petit pays, membre de l’Otan depuis 2017, fait aujourd’hui figure de candidat très sérieux à une prochaine intégration européenne.

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Qu’il le veuille ou non, le Monténégro est en guerre contre l’Alliance Atlantique. Par chance les Monténégrins ne se font pas la guerre entre eux. Du moins pas encore. Quand est apparu certain que tous les efforts pour arriver à un accord de paix au Kosovo avaient échoué et que la force et la logique militaires entraient inexorablement en scène, s’est accrue la peur de voir soudainement craquer le mince fil qui tient la paix civile au Monténégro . C’est dans cette nouvelle configuration et d’une façon particulièrement dramatique, que s’est posée la question de savoir s’il existe au Monténégro assez de bon sens politique pour que le spectre de la guerre fratricide soit évité.
Au cours de ces jours dramatiques et pour le Monténégro les plus difficiles de ce siècle, les partis présent au parlement républicain ont conclu un accord, proclamant une résolution commune. Cette résolution de l’assemblée appelle à la paix et à la retenue et tous les partis parlementaires s’engagent à soutenir la souvegarde de la paix civile. Par ailleurs, dans la résolution, le gouvernement du Monténégro entend donner toutes les assurances que dans « des circonstances d’état de guerre et de situation extraordinaire », seront maintenues la paix et la sécurité des citoyens, les institutions et entreprises publiques continuant à fonctionner. Bref, même si nous sommes en état de guerre, le gouvernement civil continue ses activités normales.