Serbie : «L’administration américaine veut aider Vučić à exploiter les aspirations proeuropéennes»

La stratégie «d’équilibre» entre Bruxelles et la Russie de la Serbie de Vučić pourrait devenir un outil d’influence américaine pour miner l’Union européenne. Décryptage.

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Serbie : «L’administration américaine veut aider Vučić à exploiter les aspirations proeuropéennes»
Aleksandar Vučić dans le bureau ovale de la Maison Blanche@ instagram/zabuducnostsrbijeav

Le 28 juillet, le président serbe Aleksandar Vučić écrivait sur son compte Instagram que la Serbie suivait le rythme d’un monde qui change plus vite que jamais et qu’elle ne devait pas s’arrêter. Si « avancer » signifie assurer par n’importe quel moyen la victoire du parti au pouvoir, malgré le mécontentement général, alors le président a entièrement raison. Bien sûr, le résultat des prochaines élections législatives n’est pas garanti, mais le président sortant a de bonnes chances d’être le prochain Premier ministre.

Le 26 juillet, Aleksandar Vučić déclarait que si son Parti progressiste serbe (SNS) perdait les élections, il n’abandonnerait pas la Serbie. Il a confirmé son intention de démissionner de la charge présidentielle et annoncé avoir reçu des menaces de mort. De telles déclarations montrent clairement qu’Aleksandar Vučić croit que tout se passe bien et qu’il suffit d’un peu de dramatisation pour motiver ses partisans, qui doivent le considérer comme un héros qui continuera à se battre pour son pays, quoi qu’il puisse arriver. 

Cependant, afin de réussir à contourner la Constitution serbe et de conserver le contrôle du pays en tant que Premier ministre, Aleksandar Vučić doit non seulement motiver ses fidèles, mais aussi attirer ceux qui ne s’intéressent pas beaucoup à la politique et démotiver ceux qui sont susceptibles de soutenir l’opposition. La tâche n’est pas facile. Une grande partie des Serbes, qui n’ont pas participé aux manifestations de masse et n’ont pas une grande estime pour le président, souhaitent que la Serbie rejoigne l’Union européenne. Ce sont des soutiens potentiels de l’opposition. Afin d’empêcher les partis d’opposition de gagner leurs voix, Aleksandar Vučić doit donc démontrer qu’il est toujours le plus à même de faciliter l’intégration européenne de la Serbie lorsqu’il deviendra chef du gouvernement.

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