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La Nouvelle Alternative vol. 19, n°63 : Roumanie, nouveau départ ?

Le numéro spécial que La Nouvelle Alternative consacre à la Roumanie est particulièrement riche. Ce dossier a surtout le grand mérite de rendre compte des débats politiques et intellectuels qui agitent la société roumaine, ainsi d’Irina Livezeanu, qui traite des «guerres culturelles en Roumanie post-communistes», ou d’Aurel Codoban, dont l’article est titré : «Après la polémique. À propos des ‘groupes de prestige’ et du ‘marché culturel roumain’». Le dossier revient sur plusieurs affaires de «censure», notamment celle qui a frappé à Bucarest le film de Michael Moore, «Fahrenheit 9/11». La polémique suscité par l’ouvrage d’Alexandra Laignel-Lavastine, Cioran, Eliade, Ionesco. L’oubli du […]

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Le numéro spécial que La Nouvelle Alternative consacre à la Roumanie est particulièrement riche. Ce dossier a surtout le grand mérite de rendre compte des débats politiques et intellectuels qui agitent la société roumaine, ainsi d’Irina Livezeanu, qui traite des «guerres culturelles en Roumanie post-communistes», ou d’Aurel Codoban, dont l’article est titré : «Après la polémique. À propos des ‘groupes de prestige’ et du ‘marché culturel roumain’».

Le dossier revient sur plusieurs affaires de «censure», notamment celle qui a frappé à Bucarest le film de Michael Moore, «Fahrenheit 9/11». La polémique suscité par l’ouvrage d’Alexandra Laignel-Lavastine, Cioran, Eliade, Ionesco. L’oubli du fascisme est aussi évoquée. Publié en traduction roumaine par les éditions EST, le livre n’est en effet pas diffusé dans les librairies appartenant aux éditions Humanitas, dirigé par Gabriel Liiceanu. Ce dernier et le fameux «groupe de Paltinis» réuni autour du philosophe Constantin Noica n’aurait peut-être pas su faire la part du feu. Constantin Noica, maître de Cioran, avait en effet étroitement frayé avec les idéologies fascistes d’avant la Seconde Guerre mondiale.

Un récent discours de Gabriel Liiceanu, poussant trop loin le parallèle entre l’Holocauste juif et la figure de l’intellectuel dissident persécuté de la période communiste ne va pas non plus sans poser problème.

Par ailleurs, l’historiographie du communisme est passée au crible par Radu A.Pirca, qui montre bien la rareté des véritables travaux de recherche, enfouis sous une montagne de pseudo-révélations, de plaidoyers pro-domo ou de jugements de valeurs. L’auteur n’épargne personne, pas même les critiques «postmodernes», comme Lucian Boia.

Angela Demian s’interroge sur les logiques identitaires en Moldavie, «lorsque culture et ethnicité renvoient à des logiques conflictuelles».

La rubrique littéraire est également fournie, avec une présentation du poète de Cluj Augustin Pop, et un long extrait de «Adieu l’Europe», de Ion D.Sirbu, présenté par Magda Carneci.

Tandis que Raluca Grosescu coordonne une dossier sur l’étonnante année électorale qu’a connu la Roumanie en 2004, avec la victoire surprise de Traian Basescu, on lira enfin avec intérêt les notes de Mirel Banica : «L’exil et la diffculté du retour», sur le phénomène de l’acculturation vécu par un étudiant roumain boursier à l’étranger.

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