Le décor du prochain film d’épouvante, tourné à Timișoara, est tout trouvé : le jardin d’été « Capitol », site de projections en plein air près duquel le premier cinéma du chef-lieu du Banat est sorti de terre en 1908, se devine derrière un mur d’enceinte en béton noirci et une entrée fermée par deux battants gondolés, éclairée, la nuit, par la lumière blafarde d’un snack de plescavițe et de mici. De l’autre côté du boulevard Roi-Ferdinand-Ier, l’imposante cathédrale métropolitaine concentre tous les regards avec ses poivrières polychromes.
La restauration du « Capitol » est prévue d’ici à 2030, dernier chapitre d’un vaste programme municipal de réhabilitation de plusieurs cinémas. Dans un pays où le nombre de grands écrans s’est effondré après la Révolution de 1989, ce mouvement de revitalisation touche d’autres villes comme Bucarest, où l’emblématique « Marconi » est en cours de rénovation, Cluj-Napoca, Arad ou encore Botoșani, mais aucune n’a mis en place une politique aussi ambitieuse que Timișoara où un cinéma rouvre chaque année depuis 2022.
« Nous sommes la capitale du cinéma en Roumanie, s’enorgueillit Ruben Lațcău, premier adjoint au maire Dominic Fritz, par ailleurs président de l’Union Sauvez la Roumanie. La culture devient la marque de fabrique de Timișoara. Notre stratégie a des effets multiples : elle fait venir plus de touristes, elle renforce la consommation culturelle des habitants et elle soutient le secteur culturel local pour qu’il soit plus puissant et plus indépendant. »
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