De la chute de Constantinople à la disparition de l’Empire ottoman

Pour l’hellénisme, la domination ottomane commence par une catastrophe, la chute de Constantinople, et se termine par un drame plus définitif encore, les échanges de populations prévus par les accords de Lausanne, qui marque le terme sans retour de trois mille années de présence grecque en Asie Mineure. Comment, dans ces conditions, envisager une histoire « dépassionnée » ? Les individus peuvent pardonner, mais les peuples des Balkans n’ont pas la mémoire courte. Joëlle Dalègre tente pourtant cette histoire de cette période longue et cruciale dans les évolutions des Balkans. Le « joug ottoman », tant décriés par les peuples des Balkans depuis qu’ils ont […]

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Pour l’hellénisme, la domination ottomane commence par une catastrophe, la
chute de Constantinople, et se termine par un drame plus définitif encore,
les échanges de populations prévus par les accords de Lausanne, qui marque
le terme sans retour de trois mille années de présence grecque en Asie
Mineure. Comment, dans ces conditions, envisager une histoire « dépassionnée »
? Les individus peuvent pardonner, mais les peuples des Balkans n’ont pas la
mémoire courte.

Joëlle Dalègre tente pourtant cette histoire de cette période longue et
cruciale dans les évolutions des Balkans. Le « joug ottoman », tant décriés
par les peuples des Balkans depuis qu’ils ont acquis l’indépendance, ne fut
sûrement pas aussi pesant que les propagandes nationales le présentent, et
des règles subtiles de coexistence se mirent peu à peu en place. L’auteure
parvient cependant à éviter aussi l’autre écueil, qui serait une
idéalisation de la « tolérance » ottomane.

A travers une série de chapitres assez courts et bien documentés (le système
ottoman, le monde orthodoxe, la réforme de l’Empire, les grands foyers de
l’hellénisme ottoman au XIXe siècle, etc), Joëlle Dalègre trace une fresque
global de cet civilisation trop mal connue. Non sans souligner que la
« libération » se solda par le passage d’un monde de « nations » sans
territoires (fondées sur les millet ottomans) reliées par un pouvoir
lointain, à un espace découpé en petits Etats se voulant ethniquement purs,
ce qui entraîna des guerres, des massacres, des souffrances et des
traumatismes encore bien vivants, dont l’hellénisme fut l’une des
principales victimes.


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