Les Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien (CEMOTI) proposent plusieurs études de grande valeur, dans le cadre d’un dossier sur «la partition en question».
Marion Avriller analyse «la destruction des ponts de Mostar. Partition, construction d’entités et d’identités en Bosnie-Herzégovine». Les multiples frontières internes issues de la guerre sont non seulement matérielles mais aussi symboliques. Il est donc essentiel d’analyser les «frontières perçues» autant que les frontières reconnues. La ville de Mostar illustre jusqu’à la caricature cette problématique. La capitale de l’Herzégovine est en effet «le symbole d’un pays où les frontières internes s’ancrent jour après jour dans la réalité».
Niyazi Kizilyürek revient pour sa part sur le cas chypriote, également évoqué par Gilles Bertrand, qui essaie de théoriser le problème : «la solution au conflit identitaire ? La partition en question». Ce dernier auteur rappelle les travaux de Radha Kumar à propos des conflits chypriote et bosniaque, rappelant que la politique du «divide and rule» puis du divide and quit» de la politique coloniale britannique dans le premier cas rappelle celle du «divide and quite» de la «communauté internationale» en Bosnie-Herzégovine. «Les accords de Dayton auraient ainsi permis aux organisations intergouvernementales et aux principaux États sollicités militairement d’éviter une intervention plus lourde et plus coûteuse (financièrement, humainement, voire politiquement), tout en mettant fin au conflit, du moins en apparence», écrit-il ainsi.
Ce numéro propose aussi de riches «regrads croisés» sur la Russie et l’Asie centrale, ainsi qu’une étude de Jeanne Hersant sur «l’élaboration d’un idiome identitaire dans l’espace migratoire des Turcs de Thrace occidentale».
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