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Yu Nostalgija Vol. 7 : dans les sous-sols du jazz socialiste
Par Gani Jakupi (auteur de BD, jazzman) En fouillant dans mes archives, j’ai réalisé que la première version du O Happy Day que j’ai connue, dans mes années d’adolescence, était chantée par Anima, un groupe vocal yougoslave. Ce negro spiritual aux forts accents slaves (et à la phonétique souvent approximative) fait sourire aujourd’hui, mais pour nous, c’était une fenêtre vers des mondes inconnus. On avait la chance d’avoir échappé à la censure qui sévissait chez nos voisins : il est à noter que le medley String of Pearls a été enregistré en 1952 – une rupture somme toute assez courte avec la tradition antérieure à l’avènement du communisme. Il faudra attendre presque le début des années 1980 pour que l’originalité de l’héritage balkanique trouve son chemin dans le jazz, au-delà des consignes de mise en valeur des ressources culturelles autochtones, mais reconnaissons à ces pionniers le courage d’aborder des styles et des instruments qui ne leur étaient pas vraiment familiers : dixieland, samba, banjo, harmonica, guitare jazz-western, etc. Les reprises en albanais, dans les années 1960, de Feuilles mortes ou Manhã de carnaval sont de véritables «moaï» de la scène musicale kosovare (deux trésors jamais commercialisés retrouvés dans les archives de la radio nationale), qui devra attendre le début du millénaire actuel pour connaître un essor du jazz, sans véritable préhistoire.
Mix• Divanhana, le sevdah dans tous ses états
https://www.youtube.com/playlist?list=PL2Yg3VJTrJpIld1BH6nU_jmW5ia1HfDOV Divanhana, ce sont huit gamins de Sarajevo qui sont tombés raides du sevdah. Ce blues urbains des Balkans né à l’époque ottomane chante les tourments de la vie quotidienne, l’amour, les sentiments et même l’Histoire. Le groupe est né fin 2009 au Conservatoire de la capitale bosnienne, mais il a fallu trois ans avant qu’il ne trouve sa forme actuelle, avec l’arrivée de la jeune chanteuse Leila Ćatić. Le nom «divanhana» désigne cette pièce de la maison bosnienne où l’on se retrouvait après le travail pour échanger, boire un verre, jouer de la musique. Puisant ses racines dans les mélodies traditionnelles, leur son marie allègrement jazz, pop ou même musique classique contemporaine pour créer ce qu’ils appellent le «nouveau sevdah». Un répertoire qui fait le pont entre les anciens, attachés aux rythmes de leur enfance, et les plus jeunes, éduqués aux genres électrifiés.
Mix • DJ Soumnakai : Welcome in Tziganie 2015
Le festival Welcome in Tziganie transportera pour la huitième fois le Gers vers le pays imaginaire et pittoresque de la «Tziganie». Après Auch et Pavie, c’est dans la commune de Seissan que seront installés cette année les chapiteaux du 24 au 26 avril. Dédié aux musiques tziganes et balkaniques, le festival invite depuis 2008 les artistes les plus influents de cette scène qui regarde vers l’Est, mais aussi des artistes en découverte qui se rassemblent dans une programmation de haut vol. DJ Soumnakai, sur scène le 24 au soir, vous en offre un aperçu endiablé. Plus d’infos sur le site du festival : http://www.welcome-in-tziganie.com/
Mix • Rambo Amadeus, « mega tsar mondial » de la pop balkanique
Raki Balkans Sound System : BalkanofoniK 3
Mix • Bojan Z, l’étoile rouge du jazz des Balkans
Yu Nostalgija Vol. 4 : Josipa Lisac, jazz rock & soul en Croatie
Foltin, une Macédoine de sons