Bosnie-Herzégovine : le patrimoine pris en otage des blocages politiques

La Commission pour la préservation des monuments nationaux est paralysée par les divisions au sein de la Présidence tripartite, retardant de nombreux projets de restauration à travers toute la Bosnie-Herzégovine.

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Bosnie-Herzégovine : le patrimoine pris en otage des blocages politiques
L'Estrada© Ombeline Duprat | CdB

La Commission pour la préservation des monuments nationaux de Bosnie-Herzégovine a été créée en 1995, conformément à l’Annexe 8 des accords de Dayton, avec pour mission de classer les biens comme « monuments nationaux » de Bosnie-Herzégovine. Au-delà de leur classement et de leur protection, la Commission a également le dernier mot sur la reconstruction des bâtiments inscrits au patrimoine national. Ce statut impose en effet des obligations de protection aux deux entités du pays. Son fonctionnement prévoit cinq membres : deux experts étrangers proposés par l’UNESCO, ainsi que trois représentants des peuples constitutifs, nommés par la Présidence tripartite.

En 2016, la Présidence de Bosnie-Herzégovine, alors composée de Mladen Ivanić, Bakir Izetbegović et Dragan Čović, avait exclu les deux experts étrangers de l’UNESCO et instauré une règle de consensus obligatoire entre les trois membres restants. Cette décision a progressivement paralysé l’institution pendant près d’une décennie. Depuis lors, aucun expert étranger n’avait été nommé, sans que leur présence soit pour autant formellement interdite au sein de la Commission.

Une Commission à nouveau paralysée

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