Je savais bien que je n’en avais pas fini avec Saint-Sava et les monastères. Outre le projet de retourner au monastère d’Uvac, nous avons rendez-vous semble-t-il avec celui de Mileševa, célèbre à travers toute la Serbie pour son lien avec le célèbre saint et toute la mythologie nationale. Il se trouve à une cinquantaine de kilomètres au sud de Zlatibor mais il faut compter une bonne heure pour s’y rendre étant donné la topographie montagneuse qui nous impose d’emprunter les routes sinueuses des vallées.
Tandis que nous longeons la rivière Lim, à l’approche de Prijepolje, depuis ma place de passager, j’aperçois sur les bancs vaseux émergeant de la rivière, en ce chaud mois d’août, quelques pneus indélicats. A peine le temps de le noter, de le mentionner, que d’autres apparaissent, un peu plus loin, sur d’autres bancs plus longs. Puis, comme la rivière s’étale dans son lit et que le flux s’éparpille momentanément en delta, de vastes étendues vaseuses se déploient tristement : ce sont de véritables cimetières de pneus de toute taille, de la moto jusqu’au semi-remorque et au tracteur… Il y en a tant, il doit s’agir en réalité d’un sport régional.
Les monastères sont paraît-il une vision terrestre du paradis. La plus grande harmonie entre le terrestre et le divin devrait y régner. Le monastère de Mileševa en est une belle illustration. Sa situation au creux des montagnes, tout près d’une rivière riante, l’écrin de verdure, les proportions des bâtiments qui ceinturent l’église, les parterres de fleurs, tout cela s’accorde très bien, c’est indéniable. Les pneus dans la vase et les ordures de toute sorte sont réservés à l’amont et à l’aval du monastère, dieu soit loué.
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