Notre correspondante à Belgrade, Milica Čubrilo Filipović, travaillait également depuis plus de dix ans pour le quotidien Le Figaro. Ainsi que l’explique Le Canard enchaîné de ce mercredi, elle a été débarquée ce 6 janvier, « sur pression du Quai d’Orsay et de l’actionnaire Dassault ».
Un échange de mails avec ses interlocuteurs au Figaro lui a confirmé l’intervention en haut lieu. « Ce truc nous est tombé dessus, et on nous a demandé des explications, qui sont redescendues de l’actionnaire jusqu’à nous », lui a ainsi écrit dans un mail la rédaction en chef, qui invoque un souci de « neutralité journalistique ».
Notre collègue Milica a longtemps été proche du Parti démocratique (DS), ministre de la Diaspora de 2007 à 2008, puis ambassadrice de son pays en Tunisie, mais elle a quitté tant la diplomatie que la politique en 2014. Ses articles, toujours parfaitement documentés, ne plaisent certainement pas au régime serbe, mais ils semblent aussi gêner à Paris, alors que la France officielle se félicite de la promesse de vente d’avions de guerre Rafale à la Serbie. Alors que la Serbie est secouée depuis novembre 2024 par un puissant mouvement de contestation démocratique, Paris préfère afficher son soutien à l’autocrate Vučić.
Alors que les journalistes sont soumis à d’incessantes pressions du régime autoritaire au pouvoir en Serbie, Le Courrier des Balkans tient à affirmer sa totale solidarité avec sa correspondante Milica Čubrilo Filipović, dont tous nos lecteurs et lectrices connaissent et apprécient l’indépendance et la rigueur professionnelle.








