Bosnie-Herzégovine : disparition de Bekim Sejranović, un écrivain « ni d’ici, ni d’ailleurs »

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Pour beaucoup, c’était l’écrivain bosnien le plus doué de sa génération. Bekim Sejranović, 48 ans, est décédé brutalement le 21 mai à Banja Luka. Sa disparition laisse orphelins de nombreux lecteurs et auteurs, et creuse un immense vide dans une scène littéraire post-yougoslave, encore trop méconnue en français.

Par Chloé Billon et Aline Cateux Né en 1972 à Brčko, Bekim Sejranović a grandi auprès de ses grands-parents, dont il parlait avec une grande affection. À l’occasion de la sortie de Nigdje, ni otkuda (Nulle part et de nulle part), roman pour lequel il a obtenu le prix Meša Selimović en 2009, il expliquait que pour lui « tout est temporaire, tout est fragile », et que ce sentiment remontait à son enfance. « Cela n’a pas commencé avec la guerre. Cela date d’avant. Mes parents ont divorcé, ma mère est partie à Rijeka, mon père à Belgrade. Je suis resté chez mes grands-parents. Mes parents venaient, j’allais chez eux, ils me ramenaient. Ici, là-bas. » (...)

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