Par Elena Balzamo
Poète et romancier, abondamment traduit en France, Guéorgui Gospodinov (né en 1968), signe un roman alternant la mélancolie et la joie de vivre. Il s’agit de la maladie et du décès d’un jardinier que le narrateur, son fils, raconte par le menu.
La maladie, la mort, le deuil. Le récit tourne autour de ces thèmes, tel un papillon attiré par une lumière : impossible de l’atteindre, impossible de s’éloigner. Par sa composition, ce roman fait penser à un arbre – le personnage principal, ne l’oublions pas, est un jardinier ! – où chaque scène décrivant la progression de la maladie et les étapes du deuil donne lieu à des ramifications associatives : anecdotes, souvenirs et réflexions affluent, le temps et l’espace d’élargissent.
Voir son père diminué par la maladie, devoir lui changer les couches, l’entendre gémir de douleur – rien n’apparaît répugnant ni sordide tant que la tendresse et le respect demeurent. A mille lieues des conflits intergénérationnels qui hantent la fiction contemporaine, le roman décrit une relation harmonieuse, qui n’est pas moins dramatique ni moins prenante pour autant. Et la capacité d’éclairer d’un rayon humoristique même les épisodes les plus lugubres fait partie des secrets du prodigieux romancier bulgare. Un hymne à l’amour filial.
Elena Balzamo
Elena Balzamo est née en 1956 à Moscou. Elle y a grandi avant de partir pour la France en 1981. Traductrice reconnue du russe et du suédois, on lui doit des textes en français d’August Strindberg, Jonas Karlsson, Stina Stoor, Gaïto Gazdanov,...
Elle a publié également plusieurs textes personnels, portant notamment sur ses souvenirs d’enfance et de jeunesse en Union soviétique (Triangle isocèle, Décalcomanies, éd. Marie Barbier), empreints d’humour et de finesse, ainsi que deux essais (Périmètre élargi et Zigzags, éd. Marie Barbier). Elle travaille actuellement sans relâche sur plusieurs projets qui lui tiennent à cœur : un nouveau Gazdanov, un auteur qu’elle apprécie particulièrement, qui paraîtra début 2026 chez Marie Barbier, une grande anthologie de la poésie russe (Seuil), et enfin, devant paraître en novembre, une traduction de Vieux carnet de Piotr Viazemski, un intellectuel russe du XIXe siècle, chez Interférences. Un projet mûri pendant des années.








