Albanie : les archives de la Sigurimi et l’impossible confrontation avec le passé

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On reparle beaucoup de l’ouverture des archives de la Sigurimi, l’ancienne police politique du régime, qui a compté jusqu’à 10 000 agents, et à laquelle 20 % des Albanais ont collaboré. L’écrivain Ismail Kadare, entre autres, réclame son dossier. La loi d’ouverture des archives a pourtant été votée en avril 2015. Et surtout les faits sont bien connus, il n’y a plus de grandes révélations à attendre. Le point de vue d’un historien.

Propos recueillis par Louis Seiller Historien, spécialiste des services secrets albanais, Kastriot Dervishi a été directeur des archives du ministère de l’Intérieur de 2007 à 2014. Le Courrier des Balkans (C.d.B.) : Quels étaient le rôle et les missions de la Sigurimi ? Kastriot Dervishi (K.D.) : La Sécurité d’État et ses unités étaient chargées de faire triompher la lutte des classes et de donner la chasse à ses adversaires. La Sigurimi, pilotée par le Parti du travail (PPSh), le parti communiste d’Albanie, était placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur. Enver Hoxha appelait les officiers de cette officine « les travailleurs spécialisés (...)

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