Albanie : dans le Kelmend, la route qui change tout

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Depuis deux ans, une langue d’asphalte recouvre le Kelmend, à la frontière monténégrine. Jusque là, cette terre de bergers était l’une des régions les plus isolées d’Albanie. Avec cette route, beaucoup de choses ont changé, à commencer par l’arrivée des touristes. Mais aujourd’hui, une ombre plane et les habitants s’inquiètent. Reportage.

Par Louis Seiller « S’il n’y a plus d’eau, il n’y a plus de vie. » Tombée sous le charme des habitants du Kelmend, Martine Wolff arpente depuis de nombreuses années ses pâturages. Cette ethnologue française ne cesse d’apprendre des bergers du coin, les « derniers Illyriens », comme elle les appelle affectueusement. « C’est toute une manière de penser et d’agir. Je n’invente rien, relisez l’Iliade et l’Odyssée ou encore Edith Durham, ces gens ont maintenu leurs traditions malgré la répression », jure-t-elle. « Le Kelmend, ce n’est pas qu’une histoire de vendetta, mais un équilibre entre les gens et la nature qui façonne un ordre social et qui donne (...)

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