Aidan Hehir est professeur de relations internationales à l’Université de Westminster, au Royaume-Uni.
La condamnation par les Chambres spécialisées pour le Kosovo de Hashim Thaçi et Jakup Krasniqi à 25 ans de prison, de Kadri Veseli à 18 ans et de Rexhep Selimi à 13 ans a suscité une profonde indignation parmi les Albanais du Kosovo. Cette explosion de colère est compréhensible et légitime. Ces « Chambres spécialisées » sont fondamentalement une entité politique ; bien qu’elles soient techniquement rattachées au système judiciaire Kosovo, il s’agit clairement d’un tribunal étranger, dépourvu de tout soutien populaire dans le pays. Que le juge président, l’Américain Charles Smith III, ait rendu le jugement « au nom du peuple du Kosovo » était particulièrement choquant et objectivement faux.
Après l’énoncé du verdict, des manifestations ont eu lieu devant le tribunal lui-même à La Haye, devant le siège de la mission européenne Eulex à Pristina et devant les bâtiments du gouvernement du Kosovo. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de violences significatives, hormis quelques échauffourées et des actes de vandalisme limités. Compte tenu de la colère viscérale suscitée par les verdicts de la Cour spéciale, il faut s’en féliciter. Reste à voir si les manifestations resteront pacifiques.
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