16 septembre – 20h10 : Le président serbe Aleksandar Vučić a appelé à ne pas « tomber dans l’euphorie » après la condamnation en première instance, à La Haye, de quatre anciens dirigeants de l’UÇK) pour des crimes de guerre commis au Kosovo et en Albanie.
Interrogé par N1 sur ses précédentes estimations concernant la peine de Thaçi, Vučić a expliqué avoir d’abord pensé qu’elle correspondrait à la durée de sa détention provisoire, avant d’anticiper une peine « nettement plus lourde ».
Le président serbe a également souligné que le verdict pouvait encore faire l’objet d’un appel. Il a rappelé qu’une éventuelle confirmation en deuxième instance pourrait être suivie d’un recours devant la Cour constitutionnelle du Kosovo.
« Nous tous, collectivement, n’avons pas été suffisamment prêts à faire face à nos propres erreurs et aux crimes commis en notre nom », a par ailleurs déclaré Vučić, tout en affirmant que la priorité de la Serbie restait la préservation de la paix et de la stabilité.
Richard Grenell dénonce le verdict contre Hashim Thaçi
Richard Grenell, ancien émissaire spécial américain pour le dialogue entre Belgrade et Pristina, a vivement réagi à la condamnation en première instance de Hashim Thaçi à 25 ans de prison.
« La décision du tribunal de La Haye […] est scandaleuse », a écrit Grenell sur X, estimant que « personne n’est en sécurité devant ces tribunaux internationaux », auxquels il reproche de prendre des « décisions politiques ». Il a également attaqué les trois juges et le procureur américain, les qualifiant notamment de « fous de gauche ».
Grenell a appelé le ministère américain de la Justice et le procureur général des États-Unis à réagir rapidement et demandé que le financement des Chambres spécialisées soit « immédiatement » supprimé. Il a également appelé le Premier ministre kosovar Albin Kurti à dissoudre cette juridiction, affirmant que « le Kosovo n’a pas besoin d’un tribunal en Hollande ».
En 2023, Aleksandar Vučić avait décoré Grenell de l’Ordre du drapeau serbe du premier degré pour sa contribution au développement et au renforcement des relations d’amitié entre la Serbie et les États-Unis.
Marta Kos appelle au respect du verdict des Chambres spécialisées
La commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, a rappelé mercredi que les Chambres spécialisées du Kosovo étaient une « institution judiciaire indépendante », appelant au respect de leurs décisions après la condamnation en première instance de quatre anciens dirigeants de l’UCK, Hashim Thaçi, Kadri Veseli, Jakup Krasniqi et Rexhep Selimi, pour crimes de guerre.
« Leurs décisions doivent être respectées et les condamnés ont le droit de faire appel », a écrit Marta Kos sur X. Elle a également appelé les acteurs de la région à « contribuer à la guérison des blessures du passé », estimant que seule la réconciliation permettrait aux pays des Balkans de dépasser leurs divisions et d’avancer vers « un avenir commun dans l’UE ».
16h35 : Des manifestants ont jeté des pierres sur le bâtiment du gouvernement du Kosovo, dans le centre de Pristina, après la condamnation par les Chambres spécialisées de La Haye de quatre anciens dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) pour crimes de guerre. Hashim Thaçi, Kadri Veseli, Rexhep Seljimi et Jakup Krasniqi ont été condamnés à des peines allant de 13 à 25 ans de prison.
La procureure spécialisée Kimberly West a salué un verdict qu’elle juge important pour l’État de droit et pour les victimes. Les États-Unis ont pour leur part déclaré respecter la décision du tribunal et appelé toutes les parties à éviter une rhétorique susceptible d’alimenter les tensions.
La Croatie a déclaré que la condamnation en première instance de quatre anciens dirigeants de l’UÇK par les Chambres spécialisées de La Haye ne devait pas être interprétée comme une remise en cause du contexte de la guerre au Kosovo. « Le Kosovo et sa population ont été victimes de la répression et de graves crimes du régime de Slobodan Milošević », souligne le ministère croate des Affaires étrangères. Il ajoute que la responsabilité individuelle des accusés ne saurait servir à « relativiser ces crimes » ni à remettre en cause la liberté et l’indépendance du Kosovo.
14h45 : À la suite du verdict contre Hashim Thaçi, Kadri Veseli, Jakup Krasniqi et Rexhep Selimi, des citoyens qui avaient suivi la décision des Chambres spécialisées depuis les places de Pristina se sont dirigés à pied vers les bureaux d’Eulex à Fushë Kosovë/ Kosovo Polje. Des unités renforcées de la police du Kosovo ont été déployées aux abords du complexe. Pendant ce temps, à La Haye — où des partisans des anciens dirigeants de l’UÇK s’étaient rassemblés dès le matin —, des tensions sont apparues avec la police néerlandaise, qui a utilisé des canons à eau pour repousser la foule loin du tribunal.
13h45 : L’Organisation des anciens combattants de l’UÇK a rejeté catégoriquement le verdict. « Nous rejetons catégoriquement les peines prononcées à l’encontre de Hashim Thaçi, Kadri Veseli, Rexhep Selimi et Jakup Krasniqi. Ce verdict porte atteinte à la juste guerre de libération de l’UÇK et blesse toutes les familles qui ont donné des fils et des filles pour la liberté du Kosovo. »
Le président de l’organisation des anciens combattants, Hisni Gucati, qui attendait le verdict à La Haye, a qualifié les peines d’« inacceptables » et a estimé que le tribunal avait « réussi à satisfaire la Serbie et la Russie ».
Le Parti démocratique du Kosovo (PDK) a exprimé son « indignation », sa « déception » et son « opposition » face au verdict de ce jour, le qualifiant de « grave injustice ». Le PDK soutient que ce verdict repose sur des allégations et des éléments que le parti considère comme « fabriqués » — et alimentés pendant des années par l’appareil d’État et la propagande serbes — dans le but de criminaliser la guerre de l’UCK.
La présidente par intérim du Kosovo, Albulena Haxhiu, a quant à elle qualifié le verdict de « nouvelle profondément douloureuse pour la République du Kosovo » et de moment difficile pour les familles des condamnés ainsi que pour les Albanais.
Le ministre des Affaires étrangères, Glauk Konjufca, qui a assisté à l’énoncé du verdict dans la salle d’audience de La Haye, a déclaré à sa sortie qu’il s’agissait d’un « verdict terrible pour le Kosovo », susceptible de causer de graves dommages tant au récit national qu’à l’État lui-même. « Un verdict terrible pour le Kosovo, pour notre guerre de libération. Le Kosovo a simplement vécu la guerre ; nous savons ce qu’a été la guerre de l’UÇK et nous savons qu’il n’existait aucun mécanisme criminel visant à mettre en danger une quelconque population. C’est une décision triste, injuste et imméritée. C’est véritablement quelque chose qui causera d’immenses dégâts, tant pour notre récit que pour l’État du Kosovo », a déclaré Konjufca.
Lourdes condamnations
12h : Le panel de juges internationaux des Chambres spécialisées sur le Kosovo a rendu son verdict de première instance ce mercredi 16 septembre :
- Hashim Thaçi, ancien président du Kosovo et ancien chef du Parti démocratique du Kosovo (PDK), écope de 25 années de prison ;
- Jakup Krasniqi, ancien président du Parlement du Kosovo, écope également de 25 années de prison ;
- Kadri Veseli, ancien chef des services de renseignements de la guérilla et ancien président du Parlement du Kosovo de 18 années de prison ;
- Rexhep Selimi, ancien député, de treize années de prison.

