Fronde citoyenne à Gospić contre une usine de lithium et un site d’enfouissement de déchets toxiques

Au cœur de la Lika, la ville de Gospić est le théâtre d’une fronde citoyenne historique. Entre l’enfouissement de 45 000 tonnes de déchets toxiques par une éco-mafia et l’implantation opaque d’une usine de lithium à proximité de nappes phréatiques, le collectif « Gospić je naš dom » défie l’État pour éviter un désastre sanitaire.

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Le 27 juin 2026, une manifestation a rassemblé deux mille personnes.
Le 27 juin 2026, une manifestation a rassemblé deux mille personnes. Gospić je naš dom

Située au cœur de la région montagneuse et karstique de la Lika, la ville de Gospić est depuis quelques semaines l’épicentre d’une mobilisation citoyenne d’ampleur. Une double affaire mêlant politiques locaux, nationaux, industriels et criminels écologiques cristallise la colère d’une population qui redoute de voir sa ville se transformer en une « poubelle de l’Europe » et ce, à proximité des plus grandes nappes phréatiques du pays. Bien que distinctes, les deux affaires sont liées par l’insouciance d’une caste politique qui néglige un problème dont les répercussions pourraient accoucher d’une crise majeure pour la région et le pays tout entier.

Tout commence au début de l’année 2025 avec la découverte de 45 000 tonnes de déchets toxiques importés d’Allemagne, de Slovénie et d’Italie, et enfouis illégalement par une « éco-mafia ». Outre cette première crise, au printemps 2026, la tension monte d’un cran lorsque les habitants découvrent la construction d’une usine de traitement de lithium à Smiljan. Autorisée par la mairie sans étude d’impact environnemental, la population ne décolère pas.
Face à l’inquiétude naissante, et alors qu’aucun plan de décontamination n’est à l’ordre du jour dans le dossier des déchets toxiques, un collectif nommé « Gospić je naš dom » a vu le jour.

Par sa structure totalement horizontale, le collectif dépasse les clivages et réunit des familles, des agriculteurs, des scientifiques ou des artistes qui produisent leurs propres contre-expertises en s’autofinançant. Le 27 juin 2026, elle a rassemblé 2000 personnes, un chiffre impressionnant pour la région, lors d’une « marche pour la Lika » (Hodaj za Liku). Longue de cinq kilomètres, elle a joint les deux sites pollués pour alerter sur la situation à Gospić.

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