La nouvelle politique américaine exige davantage des Balkans occidentaux tout en promettant un engagement plus limité de Washington. Elle met l’accent sur la coopération économique et relègue au second plan le rôle traditionnel des États-Unis en matière de politique et de sécurité. Cette approche n’est pas sans risques dans une région où les institutions restent fragiles et où les tensions demeurent vives.
Chercheuse à l’American Enterprise Institute, Heather Conle, identifie la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo comme les pays les plus vulnérables : la première en raison de sa structure étatique fragmentée et de ses divisions ethniques, le second à cause de ses différends persistants avec la Serbie et de sa dépendance à l’égard de la communauté internationale pour sa sécurité. Même si elle juge cette évolution nécessaire, Heather Conley met en garde contre les risques d’une « appropriation locale » dépourvue de leadership clair et de stratégie détaillée. Selon elle, une telle approche pourrait accentuer les blocages existants et renforcer les acteurs nationalistes et corrompus.
Washington entend désormais privilégier la stabilité régionale et les partenariats fondés sur des intérêts réciproques plutôt que les interventions directes visant à reconstruire ou à « sauver » la région.
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