Ne vous attendez pas à trouver le nom du citoyen Jean-Louis Popier dans un compendium sur la Révolution française, si exhaustif soit-il. L’individu que nous évoquons sous le nom poétique de « l’homme qui mangeait la mort » fait partie de la multitude des petites gens dont les manuels d’histoire parlent peu, dont les pas ne s’impriment point sur le désert de sable de l’humanité. « Si les historiens de métier, apparentés aux chiens policiers, voient là une raison de s’en détourner pour se consacrer à ses contemporains plus illustres tels Danton, Robespierre et Jean-Paul Marat, les pères de la Révolution sous laquelle il a vécu, cela ne saura qu’inciter davantage les écrivains, ces profanateurs de tombeaux, à tenter de le sauver de l’oubli. »
Né en 1930 au Monténégro, Borislav Pekic est mort à Londres en 1992, laissant romans, nouvelles, drames et essais qui brassent l’histoire de nos sociétés pour expliquer l’avenir de l’homme par son passé, « où se cache la vérité qui l’a poussé de l’avant ». Il est notamment l’auteur des sept volumes de La Toison d’or, en cours de publication chez Agone.
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