Histoire de la Roumanie

C’est une excellente synthèse que nous offre Traian Sandu, une « histoire nationale », de format fort classique – de la préhistoire à nos jours – mais qui n’ignore rien des débats historiographiques les plus actuels. Se plaçant dans la lignée de travaux novateurs comme ceux de Catherine Durandin (et non sans égratigner au passage des approches plus « classiques » comme celle de Georges Castellan, « habitué de l’amitié franco-roumaine de l’époque Ceausescu »), l’auteur replace en perspective les moments essentiels, les charnières de cette histoire. Il interroge ainsi le « mythe des origines » daces et surtout la longue […]

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C’est une excellente synthèse que nous offre Traian Sandu, une « histoire nationale », de format fort classique – de la préhistoire à nos jours – mais qui n’ignore rien des débats historiographiques les plus actuels.

Se plaçant dans la lignée de travaux novateurs comme ceux de Catherine Durandin (et non sans égratigner au passage des approches plus « classiques » comme celle de Georges Castellan, « habitué de l’amitié franco-roumaine de l’époque Ceausescu »), l’auteur replace en perspective les moments essentiels, les charnières de cette histoire. Il interroge ainsi le « mythe des origines » daces et surtout la longue période ottomane, sujet de débats interprétatifs toujours vifs.

Il note ainsi que « les Turcs ont bel et bien conquis et soumis les pays roumains. Mais ils l’ont fait selon des modalités indirectes et progressives qui convenaient mieux à la faible importance géopolitique et à la forte exploitation économique de ces pays » (p. 86).

On notera un point de vue très critique de l’auteur sur la situation actuelle de la Roumanie et son élite politique, depuis « l’étrange révolution » de 1989 jusqu’à l’alignement atlantique de Traian Basescu.

Il définit sans pitié la Roumanie actuelle, « en lisière du continent, divisée entre exigences européennes et américaines, no man’s land indécis accueillant à la fois les institutions de l’UE, les centres de torture de la CIA et les capitaux de la mafia russe »… Une situation qui s’explique peut-être, au moins en partie, par l’histoire du pays et sa « situation de contact géopolitique et civilisationnel entre Europe occidentale et Eurasie mongole, ottomane et russe »…

Présentation de l’éditeur :

L’actuelle Roumanie correspond à la Dacie, province romaine conquise par l’empereur Trajan en 107 pour s’emparer de son or. Ce n’est qu’au cours du Moyen Age qu’émergent les trois grands provinces de la Roumanie à la destinée contrastée, les principautés (voïévodats) de Valachie et Moldavie, la Transylvanie. Les deux premières, fondées à la fin du XIIIe siècle, acquièrent une autonomie relative grâce à leur rôle de tampon entre la Hongrie et le vaste Empire mongol de la Horde d’Or.

Elles connaissent leur apogée dans la deuxième moitié du XVe siècle, avec le long règne d’Étienne le Grand en Moldavie et un essor architectural religieux sans précédent. Après la chute de Constantinople en 1453, les voïévodats tombent sous domination turque et subissent une dure occupation jusqu’au début du XIXe siècle.

Le XIXe siècle, marqué par la naissance d’un sentiment national, voit s’exacerber la rivalité entre la France et la Russie pour le contrôle des principautés. Si le mouvement libéral et national de 1848 est écrasé par le tsar allié au Sultan, Napoléon III obtient par le traité de Paris de 1856 que la Moldavie et la Valachie se choisissent un souverain unique, Alexandre Cuza. Trois ans plus tard, la Roumanie naissait comme Etat autonome, son indépendance internationale étant reconnue au Congrès de Berlin de 1878. Ne restait plus qu’à intégrer la Transylvanie à cet ensemble en 1918, le pays étant ainsi récompensé par les Alliés pour être entré en guerre à leurs côtés.

Cette unité nationale et géographique si chèrement acquise vole en éclat pendant la Seconde Guerre mondiale. Au terme du pacte Ribbentrop-Molotov, le pays est en effet démantelé entre la Hongrie et l’Union soviétique. En 1945, parce qu’elle s’était alliée aux forces de l’Axe, la Roumanie perd une partie de son territoire, la Bessarabie, mais récupère la Transylvanie et tombe sous le joug de Staline qui lui impose un des régimes communistes les plus durs du bloc soviétique. En 1965, Nicolae Ceausescu s’empare du pouvoir et, en jouant la carte nationaliste et pro occidentale, donne l’impression de vouloir se démarquer de Moscou, avant que son régime ne sombre dans le pire des néo-stalinismes. Il est renversé et exécuté en 1989. Depuis, les sociaux-démocrates, ex-communistes, et les libéraux nationalistes se succèdent au gouvernement.


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