Croatie

Située au carrefour de l’Europe centrale et de la Méditerranée, le long de la mer Adriatique, la Croatie compte près de 3,8 millions d’habitants. Après avoir proclamé son indépendance en 1991 lors de l’éclatement de la Yougoslavie, le pays s’est pleinement intégré aux structures euro-atlantiques.

Membre de l’OTAN depuis 2009 et de l’Union européenne depuis 2013, la Croatie a franchi une étape historique en rejoignant simultanément la zone euro et l’espace Schengen.

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Marquée par les influences romaines, vénitiennes et austro-hongroises, l’histoire croate bascule au XXe siècle avec son intégration à la Yougoslavie socialiste. La guerre d’indépendance (1991-1995) scellera définitivement sa trajectoire souveraine.

Depuis, la Croatie s’est imposée comme une démocratie stable et une destination touristique majeure. Malgré une économie dynamique portée par son littoral, le pays fait face à des défis persistants liés à la corruption et à la gestion de la transition écologique, cruciale pour préserver sa biodiversité exceptionnelle.

Sur le plan politique, la scène nationale reste dominée par l’Union démocratique croate (HDZ, centre-droit), au pouvoir de manière quasi continue. Toutefois, le pays fait face à des tensions mémorielles liées à une résurgence du révisionnisme historique et de la nostalgie fasciste (liée à l’ancien régime des Oustachis), au sujet desquels le pouvoir politique est régulièrement accusé de complaisance.

Sur la scène régionale, la Croatie s’efforce néanmoins de jouer un rôle stabilisateur clé dans les Balkans occidentaux en soutenant l’intégration européenne de ses voisins, tout en luttant contre son propre déclin démographique.

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Par Gani Jakupi (auteur de BD, jazzman) En fouillant dans mes archives, j’ai réalisé que la première version du O Happy Day que j’ai connue, dans mes années d’adolescence, était chantée par Anima, un groupe vocal yougoslave. Ce negro spiritual aux forts accents slaves (et à la phonétique souvent approximative) fait sourire aujourd’hui, mais pour nous, c’était une fenêtre vers des mondes inconnus. On avait la chance d’avoir échappé à la censure qui sévissait chez nos voisins : il est à noter que le medley String of Pearls a été enregistré en 1952 – une rupture somme toute assez courte avec la tradition antérieure à l’avènement du communisme. Il faudra attendre presque le début des années 1980 pour que l’originalité de l’héritage balkanique trouve son chemin dans le jazz, au-delà des consignes de mise en valeur des ressources culturelles autochtones, mais reconnaissons à ces pionniers le courage d’aborder des styles et des instruments qui ne leur étaient pas vraiment familiers : dixieland, samba, banjo, harmonica, guitare jazz-western, etc. Les reprises en albanais, dans les années 1960, de Feuilles mortes ou Manhã de carnaval sont de véritables «moaï» de la scène musicale kosovare (deux trésors jamais commercialisés retrouvés dans les archives de la radio nationale), qui devra attendre le début du millénaire actuel pour connaître un essor du jazz, sans véritable préhistoire.