Le roman de Constantinople a un objectif : démontrer que la Turquie est un État européen et qu’à ce titre, elle mérite une place à part entière au sein de l’Europe communautaire. Si le débat politique annoncé dès l’introduction est tout sauf original, l’axe de démonstration choisi par Gilles Martin-Chauffier n’en demeure pas moins captivant. Tout le plaidoyer s’appuie en effet sur l’histoire de l’actuelle Istanbul. En mettant en scène sur à peine deux cents pages, quinze siècles de lieux et de personnages qui ont fait la ville, l’auteur nous met face à notre propre histoire d’Européens. Et même si on choisit de ne pas partager le point de vue défendu et que les libertés d’expression et les comparaisons anachroniques étonnantes qui abondent suscitent surprise et/ou désapprobation, il n’en demeure pas moins que le livre regorge de détails et d’anecdotes qui poussent à poursuivre la lecture et au final, à oublier que c’est d’un plaidoyer politique voire même de l’avenir de la Turquie dont il est question. Ce que l’on retient c’est l’histoire fascinante d’un lieu unique. Le roman de Constantinople a obtenu le prix Renaudot de l’essai en 2005.
Ognjenka Fejić



