Le firman

Stefani Sen Senar, qui est née et vit en France, est d’origine macédonienne par sa mère. Son premier roman publié en France (elle a déjà été éditée à Skopje) est aussi superbe que déroutant. On retiendra de magnifiques évocations du lac d’Ohrid, au fil du changement des saisons, mais aussi une juste et touchante évocation de la sociabilité et d’un « mode de vie balkanique », dans la description des relations entre la narratrice, ses « grands-parents adoptifs », dedo Jane et baba Mare, et ses amis d’Ohrid, Jésus-la-philo, Voitché ou Miro-la-lenteur. C’est peut-être dans ses descriptions des choses toutes simples […]

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Stefani Sen Senar, qui est née et vit en France, est d’origine macédonienne par sa mère. Son premier roman publié en France (elle a déjà été éditée à Skopje) est aussi superbe que déroutant.

On retiendra de magnifiques évocations du lac d’Ohrid, au fil du changement des saisons, mais aussi une juste et touchante évocation de la sociabilité et d’un « mode de vie balkanique », dans la description des relations entre la narratrice, ses « grands-parents adoptifs », dedo Jane et baba Mare, et ses amis d’Ohrid, Jésus-la-philo, Voitché ou Miro-la-lenteur. C’est peut-être dans ses descriptions des choses toutes simples de la vie quotidienne que l’auteure trouve le ton le plus juste.

L’intrigue, complexe, mêle le rêve et le mythe, une intrigue policière et l’évocation de thèmes aussi complexes que le terrorisme, la violence et l’intolérance. Au risque parfois de perdre un peu le lecteur.

Péla, une jeune française, étudiante en balkanologie à Paris, part pour Istanbul à la recherche de l’assassin de ses parents (son père était un diplomate français réputé). Mais le train, en raison d’abondantes chutes de neige, l’emmène en Macédoine. La jeune femme se retrouve alors dans un pays où elle découvre ses propres racines et les évènements qui ont marqué l’histoire des Balkans.

En effet, elle possède un mystérieux firman, roulé dans un étui, qui se transmet, de génération en génération, dans sa famille depuis l’arrivée en France, au début du 20ème siècle, de sa trisaïeule macédonienne, Frossa Bélakoulakovska. Péla ignore que ce document a un pouvoir magique qui intéresse Djézéli, le diplomate turc qui a tué ses parents et qui rêve de rendre sa gloire à l’Empire ottoman…

Dans sa préface, Predrag Matvejevic évoque une « Françoise Sagan des Balkans », et note que « cette oeuvre apporte bien plus qu’une surprise dans notre littérature européenne de plus en plus commune : un certain espoir ».

La luxuriance de ce roman laisse parfois un petit sentiment d’insatisfaction, comme si le train allait trop vite pour que l’on puisse tout comprendre du trajet, mais il est certain que Stefani Sen Senar a beaucoup de choses à dire, et qu’elle saura les dire, en France comme en Macédoine. À découvrir !

Découvrez le site officiel de Stefani Sen Senar


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