Lorsque le Kosovo n’était que ruines fumantes, que des fosses communes comblées à la hâte laissaient apparaître les vestiges de l’innocence massacrée, j’avais le privilège douloureux d’être sur place. Recevant de mes amis meurtris le pain vrai de la pudeur narrative et de l’hospitalité, j’avais le sentiment de rentrer chez moi après un exil interminable… Appréhendant des lendemains incrédules, et dans le souci de ne pas gaspiller une miette de la tragédie qui s’était déroulée à huis clos, je m’étais muni d’un calepin et d’un crayon ; mille attentes me transformaient immédiatement en « journaliste expert ». Etais-je venu dépouillé de préventions, j’étais destiné à repartir revêtu de l’habit d’« ambassadeur » – De retour en Suisse, explique-leur…
Lorsque le Kosovo n’était que ruines fumantes, que des fosses communes comblées à la hâte laissaient apparaître les vestiges de l’innocence massacrée, j’avais le privilège douloureux d’être sur place. Recevant de mes amis meurtris le pain vrai de la pudeur narrative et de l’hospitalité, j’avais le sentiment de rentrer chez moi après un exil interminable… Appréhendant des lendemains incrédules, et dans le souci de ne pas gaspiller une miette de la tragédie qui s’était déroulée à huis clos, je m’étais muni d’un . . .
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