« Ce pays serait parfait sans nos politiciens », déclare Vesna, assise à la terrasse d’un café à Baščaršija en sirotant un verre de boza en compagnie de sa sœur, fraîchement arrivée de Suède. « Voilà où nous en sommes à cause d’eux : nos familles vivent ailleurs et ma nièce n’est même plus capable de parler correctement notre langue. Sauf que si tu oublies ta langue, tu oublies aussi qui tu es et d’où tu viens », raconte-t-elle. Pour ces élections, cette femme de 70 ans ne sait pas pour qui voter. « Cela fait trente ans que l’on entend les mêmes choses. Le vrai problème, c’est l’absence de jeunes. Regardez autour de vous à Baščaršija, il n’y a plus que des vieux, les jeunes partent », souligne-t-elle.
Dimanche, 3,4 millions d’inscrits participeront aux élections générales qui désigneront les prochains membres de la présidence tripartite, les parlements et les assemblées cantonales. Si ces élections s’illustrent par la mise en place de nouvelles technologies anti-fraude, les idées de la campagne passée restent quant à elles relativement anciennes. Sans surprise, les questions d’identité ethnique arrivent en tête des discours politiques des partis ethno-nationalistes, rendant inaudibles les propositions de partis plus confidentiels et souvent bien plus tournés vers les préoccupations réelles des citoyens.
Car les vrais sujets sont ceux dont la population parle dans la rue ou au café : l’inflation, le coût de la vie, l’explosion des prix du café à Baščaršija ou du prix au kilo du burek. Mais aussi des salaires, des retraites, des prix des logements qui battent tous les records à Sarajevo, ou encore de l’émigration.
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