La scène est inoubliable : dans une taverne de Voïvodine, la belle Rom Lenče chante « Djelem, djelem » à Bora, revendeur de plumes d’oie à l’énergie dévorante, incarné par Bekim Fehmiu. Saoûl, Bora casse des verres, enfonce ses mains dans le verre brisé et, tenant en l’air ses mains ensanglantées, la rejoint pour une danse sensuellement tragique. C’est ce rôle dans « J’ai même rencontré des Tziganes heureux » d’Aleksandar Petrović, Grand prix spécial du jury (ex æquo avec « Accident » de Joseph Losey) au Festival de Cannes en 1967, qui a fait d’Olivera Katarina, actrice et chanteuse yougoslave morte ce 21 juillet, une star internationale.
Née à Belgrade le 5 mars 1940 sous le nom d’Olivera Petrović (elle porta plus tard les noms de ses maris, Vučo et Šakić, avant de prendre celui de jeune fille de sa mère, Katarina), elle se fait remarquer jeune par le public yougoslave. On la voit dans des films plutôt classiques comme « Good Luck Hunting » de Milutin Kosovac (1964) ou ceux du « nouveau cinéma yougoslave », également appelé « vague noire yougoslave », comme « The Dream » de Mladomir Puriša Đorđević (1966).
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