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Dans le cadre de sa campagne aérienne en République fédérale de Yougoslavie, l’Alliance atlantique (Otan) a bombardé, le 23 avril 1999, le siège de la Radiotélévision de Serbie (Radiotelevizija Srbije, RTS) situé dans le centre de Belgrade, causant la mort de seize employés de la chaîne. De nombreux journalistes et organisations de défense des droits de l’homme ont critiqué, à l’instar de Reporters sans frontières (RSF), cette décision des alliés. « Le bombardement des locaux de la RTS représente un très dangereux précédent pour la presse », avait déclaré RSF. Tout en soulignant le caractère partisan et propagandiste de la télévision d’Etat de Serbie, l’organisation de défense de la liberté de la presse avait précisé que « la propagande ne peut être combattue qu’avec des mots, grâce à un long travail d’explication didactique, et certainement pas avec des bombes ».
Dans une lettre adressée au ministre fédéral de l’Information et des Télécommunications, Goran Matic, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre le limogeage abusif et les mesures de suspension prises ces derniers jours à l’encontre de journalistes des médias d’Etat. « Le pouvoir écarte un à un les principaux journalistes des médias contrôlés par l’Etat qui se sont prononcés en faveur d’une information objective et professionnelle depuis le scrutin du 24 septembre », a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l’organisation. « Nous demandons aux autorités de revenir sur leurs décisions et de respecter les choix de ces journalistes », a ajouté M. Ménard.