Lors de sa 39e session extraordinaire, jeudi 9 juillet, l’Assemblée nationale de la Republika Srpska, l’entité serbe de Bosnie-Herzégovine, a adopté, en procédure d’urgence, une interdiction de l’affichage de symboles associés à l’Armée de la République de Bosnie-Herzégovine. C’est la bannière aux fleurs de lys qui est visée : inspirée du blason des rois de Bosnie au Moyen-Âge, elle avait été le premier drapeau du pays indépendant, en 1992, avant d’être remplacé par l’actuel drapeau après les accords de paix de Dayton.
Le vote est intervenu deux jours avant les commémorations du génocide de Srebrenica. Ce qui relevait jusqu’ici d’un délit est désormais qualifié de « crime ». Des peines de prison pouvant aller jusqu’à deux ans sont prévues pour « quiconque affiche, porte, produit ou met en circulation des publications, des drapeaux aux fleurs de lys, des symboles ou tout autre dérivé promouvant ou glorifiant l’Armée de la République de Bosnie-Herzégovine ».
Si ces actes entraînent « des troubles, des violences, du harcèlement du public ou d’autres conséquences graves pour la vie commune des habitants et des autres personnes vivant en RS », la peine pourra être portée de deux à cinq ans. Outre l’interdiction d’afficher le drapeau et les symboles de l’armée de la République de Bosnie-Herzégovine, le texte introduit également l’interdiction de glorifier l’État indépendant de Croatie (NDH), notamment par la diffusion de messages et de symboles dans les médias ou sur les réseaux sociaux.
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